Par MEDINA
Le procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung franchit une étape technique majeure ce mardi 21 avril 2026 devant la Haute Cour militaire. Après plusieurs semaines d’attente, l’audience devrait être consacrée à la lecture du rapport d’expertise du Conseil national de cyberdéfense (CNC) concernant les téléphones saisis de l’officier.
Accusé de trahison et d’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, Philémon Yav voit son sort en partie lié à l’analyse de ses données mobiles. La Haute Cour militaire avait ordonné, en février dernier, le transfert de ses trois téléphones et de leurs cartes SIM au CNC, service spécialisé rattaché à la Présidence, afin d’y déceler d’éventuels messages ou indices de connivence avec des puissances étrangères, notamment le Rwanda.
Cette expertise technique a été requise après que l’Agence nationale de renseignements (ANR) a échoué à déverrouiller les appareils, jugés trop sophistiqués. Pour l’accusation, ces téléphones contiendraient la preuve matérielle de contacts avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe.
La défense, de son côté, dénonce depuis le début de l’instruction un dossier mal ficelé . Elle souligne qu’après près de quatre ans de détention, aucun élément probant n’a été extrait des téléphones saisis en 2022 par l’auditeur général des FARDC. Les avocats du prévenu ont d’ailleurs exprimé leurs craintes quant à l’impartialité de cette expertise menée par le CNC.
Compte tenu de la sensibilité des informations militaires et stratégiques susceptibles d’être révélées, la Haute Cour militaire, présidée par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, a déjà privilégié des auditions à huis clos lors de précédentes séances.
L’audience de ce mardi est donc cruciale soit le rapport du CNC apporte des preuves étayant l’infraction de trahison, soit l’absence d’indices numériques renforcera la position de la défense qui plaide pour une relaxation pure et simple de l’ancien commandant de la troisième zone de défense.
Notons que, le lieutenant-général Philémon Yav est l’un des officiers les plus hauts gradés de l’armée congolaise à comparaître devant la justice militaire depuis le début de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.













