RDC : 84% des recettes perdues par l’État et près de 20 millions de $ produits par le M23 acheminés vers le Rwanda chaque mois suite à la guerre au Sud-Kivu

La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, celle liée au M23, continue de peser sur l’économie nationale, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Par Reporter. CD

Depuis le 13 juin 2022, date marquant la chute de la cité de Bunagana, un important poste frontalier entre la RDC et l’Ouganda, le M23 a poursuivi son contrôle sur plusieurs autres agglomérations. Au fil du temps, la rébellion s’est emparée de plusieurs entités stratégiques, notamment Rutshuru, Kiwanja, Masisi centre, Sake, Minova, ainsi que de grandes villes comme Goma et Bukavu. Aujourd’hui, une grande partie de ces deux provinces échappe ainsi au contrôle de l’État congolais.

Cette occupation qui dure maintenant depuis des années a de graves conséquences sur les finances publiques. Le jeudi 2 avril 2026 à Kinshasa, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, qui s’est installé à Uvira après la chute de Bukavu aux mains du M23, a peint une situation inquiétante au sujet des pertes qu’encaisse maintenant la République suite à cette guerre :

« Nous avons perdu 84% de nos recettes », s’est-il plaint.

Cela signifie que la quasi-totalité des revenus que l’État tirait de cette province ne lui revient plus, à cause de la présence des rebelles dans les zones économiques importantes.

Mais, dans ce contexte, regrette le Professeur Purusi, ces ressources continuent d’être exploitées, mais au profit du M23 et du Rwanda.

« L’AFC/M23 produit entre 17 millions USD et 20 millions par mois de recettes provinciales. Tout traverse au Rwanda », a déploré l’autorité provinciale.

Ces montants proviennent notamment des activités minières, du commerce transfrontalier et des taxes imposées aux opérateurs économiques dans les zones occupées. Et comme le soutiennent les accusations du gouvernement congolais et de la communauté internationale, le Rwanda soutient cette rébellion et bénéficie directement de l’exploitation des richesses congolaises.

Il faut dire que le contrôle des zones minières joue un rôle central dans cette exploitation. Le M23 s’est positionné dans des régions riches en minerais, tant au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu. En plus de cela, il impose des taxes sur presque toutes les activités économiques : transport, commerce, marchés, exploitation artisanale, et autres. Les populations et les opérateurs économiques n’ont souvent pas d’autre choix que de payer pour éviter des ennuis, ce qui permet aux rebelles de financer leurs opérations militaires et d’organiser leur administration parallèle.

Aujourd’hui, seules quelques parties de 2 provinces restent sous contrôle du gouvernement congolais. Le reste est contrôlé par les rebelles, ce qui explique ce gros manque à gagner pour l’État avec une incidence non moins négligeable sur l’économie nationale. Pendant ce temps, la population continue de payer le prix fort de cette guerre, écartelée entre l’insécurité, la pauvreté et la pression fiscale imposée par le M23.

En somme et on ne le dira pas assez, la perte des recettes, combinée à l’exploitation illégale des ressources naturelles, constitue un défi majeur pour le pays. Tant que ces territoires resteront sous contrôle du M23, la RDC continuera de perdre des milliards et de voir ses richesses profiter à d’autres acteurs, au détriment de son propre développement.

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