RDC : « Comment traiter de la guerre sans ceux qui la font ? », Delly Sesanga exige Kabila et l’AFC/M23 au dialogue national

Par Emmanuel Medina

Alors que la perspective d’un dialogue national inclusif se précise en République démocratique du Congo, les conditions de sa réussite font désormais l’objet d’un vif débat politique. L’un des leaders de l’opposition Delly Sesanga a jeté un pavé dans la mare en exigeant la présence de toutes les parties prenantes majeures autour de la table, y compris l’ancien président Joseph Kabila et la coalition rebelle AFC/M23.

Pour le cadre de la coalition d’opposition C64, un forum restreint ou sélectif est d’ores et d’avant-avant condamné à l’échec. S’exprimant lors d’une intervention médiatique, Delly Sesanga a été catégorique : « Un dialogue qui serait exclusif ne serait pas un dialogue qui apporte des solutions aux conditions de paix, de sécurité, de stabilité de notre pays ».

Selon lui, la table des discussions doit réunir l’actuel chef de l’État Félix Tshisekedi, la société civile, les partis politiques, mais aussi les visages les plus polarisants de la crise congolaise, à l’instar de Corneille Nangaa et de l’ancien président Joseph Kabila. « Comment voudriez-vous traiter la question de la guerre si vous ne la discutez pas avec ceux qui la font ? », s’est interrogé l’opposant.

Cette position pragmatique mais hautement controversée se heurte frontalement aux conditions préalables établies par le pouvoir et une partie de la société civile. Si le camp présidentiel semble ouvert au compromis, il maintient des lignes rouges strictes, notamment l’exclusion de Joseph Kabila en raison de contentieux judiciaires, et refuse de légitimer l’AFC/M23 dans un cadre national. De son côté, la Société Civile de la RDC a également clamé son refus catégorique de voir des acteurs armés récompensés par un forum politique.De surcroît, la rébellion elle-même fait bloc : Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, a récemment rejeté toute négociation directe avec les autorités de Kinshasa.

En parallèle, Delly Sesanga a émis de sérieux doutes quant à la capacité de la capitale à abriter sereinement ces assises, redoutant les pressions des milices politiques et le manque de tolérance mutuelle dans l’environnement kinois actuel.

La coalition C64, qui attribue l’ouverture de ce dialogue à la pression de ses récentes mobilisations de rue, a temporairement suspendu ses manifestations afin d’accorder une chance à la médiation. Néanmoins, l’opposition maintient la pression sur Félix Tshisekedi en lui fixant un ultimatum clair ; les discussions idéalement placées sous l’égide des confessions religieuses, devront être formellement convoquées d’ici le 15 août 2026.

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