RDC : Constant Mutamba annonce sa comparution le 13 juillet dans l’affaire FRIVAO

Par Emmanuel Medina

Face à ce qu’il qualifie de machination d’État, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba brise un silence de neuf mois pour annoncer sa comparution physique, le 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation, dans le cadre du dossier FRIVAO. Alité depuis près d’un an, le leader de la NOGEC dénonce un acharnement politique, exige une retransmission télévisée en direct de son procès et lance un appel solennel à la résistance populaire.

Dans une lettre ouverte datée du 4 juillet 2026, adressée tant « au peuple congolais » qu’« aux peuples d’Afrique », l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, brise un long silence. Il y annonce l’ouverture, dès le 13 juillet prochain devant la Cour de cassation, de ce qu’il qualifie de troisième procès politique à son encontre, cette fois-ci dans le cadre de la gestion des fonds du FRIVAO.

Pour l’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, l’histoire se répète, mais le ton se durcit. Déjà affaibli par des procédures antérieures, notamment après la dissolution de son parti, la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), Constant Mutamba crie au complot et à la machination d’État. Dans sa lettre, l’ex-ministre dénonce avec véhémence un « acharnement judiciaire » implacable.

Selon ses déclarations, l’appareil judiciaire chercherait coûte que coûte à lui coller le statut de prévenu dans le dossier du Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Un dossier complexe, portant sur la gestion de dizaines de millions de dollars destinés aux victimes de la guerre de Six Jours à Kisangani, dans lequel Constant Mutamba affirme pourtant être totalement étranger. À l’en croire, cette nouvelle procédure n’est que le plan de secours de ses détracteurs, activé après l’échec flagrant de « manœuvres politiques et judiciaires précédentes » qui s’étaient jouées devant la Cour d’appel.

Au-delà des arguments juridiques, c’est la posture de l’homme qui marque les esprits. Alité et hospitalisé depuis maintenant neuf mois en raison d’un état de santé particulièrement fragile, Constant Mutamba refuse de se laisser juger par contumace ou de s’abriter derrière des certificats médicaux. Contre l’avis de ses médecins, il annonce qu’il quittera son lit d’hôpital pour se présenter physiquement et personnellement devant les hauts magistrats de la Cour de cassation le 13 juillet.

Pour garantir une transparence totale et prendre l’opinion publique à témoin, l’ancien ministre exige une condition non négociable : la retransmission en direct de l’intégralité de l’audience sur les antennes de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Une stratégie de défense publique qui rappelle ses heures de tribun, visant à transformer l’enceinte de la cour en une tribune politique et populaire.

Loin de se présenter en victime résignée, Constant Mutamba adopte une rhétorique de combat, élargissant son cas personnel à une cause continentale. En s’adressant directement aux peuples d’Afrique , il tente de donner à son procès une dimension symbolique celle d’un jeune leader brisé par les réseaux d’un système qu’il a autrefois tenté de réformer.

L’ancien candidat à la présidence ne formule pas seulement une défense, il lance un véritable appel à la « résistance » face à ce qu’il qualifie de dérive. La conclusion de sa lettre ouverte ne laisse d’ailleurs aucun doute sur l’état d’esprit combatif qui l’anime. En choisissant de signer sa correspondance par la formule historique et résolument révolutionnaire : « La patrie ou la mort, nous vaincrons », Constant Mutamba promet de transformer ce rendez-vous du 13 juillet en un moment de vérité crucial pour l’avenir de la justice en RDC. Reste à savoir si la Cour de cassation et le pouvoir de Kinshasa accèderont à ses exigences médiatiques. Les jours qui viennent s’annoncent électriques.

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