RDC : Félix Tshisekedi interdit la militarisation « illégale » des sites miniers

Le président Félix Tshisekedi siffle la fin de la récréation dans le secteur minier. Le président de la République a, lors de la 94e réunion du Conseil des ministres tenue ce vendredi 10 juillet, interdit définitivement la présence des militaires et des policiers sur les sites miniers.

Par Patient MBY

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le président de la République a fustigé une militarisation accrue des concessions minières, qui porte atteinte à l’autorité de l’État et empiète sur les droits miniers des titulaires légitimes des titres miniers.

« Il est donc hors de question de laisser de tels agissements préoccupants porter gravement atteinte à l’autorité de l’État, à l’image de notre pays, à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier ainsi qu’à la confiance des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux. Car la militarisation illégale des sites miniers entraîne notamment la privation de la jouissance paisible des droits miniers par leurs titulaires légitimes, l’insécurité dans les zones d’exploitation, les actes d’intimidation, les tracasseries et les extorsions à l’encontre des services de l’État, des opérateurs miniers ainsi que des communautés locales », a indiqué le compte rendu du Conseil des ministres.

Pour mettre fin à ce phénomène devenu récurrent dans le secteur minier, notamment au Lualaba et dans le Haut-Katanga, le chef de l’État a instruit les ministres de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que les responsables des services de sécurité, de prendre des mesures urgentes et nécessaires pour mettre fin définitivement à la militarisation « illégale » des sites miniers en République démocratique du Congo.

Cette décision intervient dans un contexte où les sites miniers sont envahis par des hommes en uniforme protégeant, selon plusieurs dénonciations de la société civile, des sujets chinois qui exploitent illicitement les ressources minières. Au cours de l’année 2025, la société civile Eben Ezer avait dénoncé la présence persistante d’une unité spéciale de l’armée congolaise dans la concession minière de Comidé, une filiale du groupe ERG située dans la localité de Kisanfu, dans le territoire de Mutshatsha au Lualaba. Ces soldats, accompagnés de personnes se réclamant de la famille présidentielle, assuraient la sécurité de mineurs chinois opérant illégalement.

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