Par Emmanuel Medina
Lors de la réunion du Conseil des ministres présidée ce vendredi 11 septembre 2026, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a fait état d’une évolution « encourageante » de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu, marquée par la reprise par les FARDC de la localité stratégique de Pinga, située dans le territoire de Walikale.
Pour le gouvernement, cette avancée représente un signal fort dans la restauration de l’autorité de l’État dans cette partie du pays en proie à l’activisme des groupes armés, notamment la rébellion de l’AFC-M23.
La reconquête de Pinga remet en lumière la fragilité des accords diplomatiques. Alors que le processus de Doha a décrété un cessez-le-feu sur le terrain, les deux parties continuent de s’affronter sur les lignes de front. Ce qui suscite des interrogations quant à l’efficacité du mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu. Les observateurs et les acteurs locaux s’interrogent de plus en plus sur la capacité réelle de ce dispositif à contraindre les différentes parties au conflit à respecter strictement leurs engagements initiaux.
Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur a, lors de cette réunion, insisté sur la nécessité de poursuivre sans relâche les efforts de sécurisation. Il a appelé à veiller à l’efficacité maximale des dispositifs opérationnels déployés sur le terrain afin de renforcer la sécurité des entités reconquises.
Au-delà du front sécuritaire, Jacquemain Shabani a dressé un bilan politique et social plutôt serein des provinces. Selon lui, les institutions provinciales restent relativement stables.
Cette accalmie politique permet, selon Jacquemain Shabani, la poursuite de la mise en œuvre des politiques publiques nationales. Le ministre a notamment mis en avant des progrès en cours et un suivi régulier dans la santé, l’éducation et le développement des infrastructures, trois secteurs jugés prioritaires pour le développement local.
Bien que la vigilance reste de mise, le compte rendu de ce Conseil des ministres affiche la volonté du gouvernement de maintenir la pression militaire tout en tentant de stabiliser le tissu social et institutionnel de l’Est de la République démocratique du Congo.













