Face à la baisse significative des cours du cacao sur le marché international, le gouvernement congolais affine sa riposte. Devant l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce extérieur a présenté une stratégie globale visant à stabiliser la filière, améliorer la qualité de la production et conquérir de nouveaux marchés.
Par Pierre Kabakila
Devant l’Assemblée nationale, ce mercredi 8 avril 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a répondu à une question d’actualité initiée par le député Élie Kambale Musavuli Vaghumawa.
Le ministre a insisté sur la nécessité de transparence et de clarté face aux défis économiques qui frappent la filière cacao en République démocratique du Congo.
Dans son diagnostic, Julien Paluku a expliqué la forte volatilité des cours du cacao sur le marché international. Après avoir atteint près de 11 000 dollars la tonne en 2024, les prix se situent aujourd’hui autour de 3 000 dollars.
Cette chute s’explique notamment par une offre mondiale excédentaire pour la campagne 2025-2026, une baisse de la demande liée à l’utilisation de produits de substitution, ainsi qu’un manque de coordination entre les principaux pays producteurs, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana. À cela s’ajoutent des contraintes internes en RDC, telles que la fragmentation de l’offre, la faible qualité du cacao et les difficultés logistiques d’évacuation.
Face à cette situation, le ministre a présenté une stratégie nationale structurée autour de plusieurs axes. Il a évoqué la diversification des marchés avec une ouverture vers des partenaires comme la Chine et le Royaume-Uni, l’amélioration de la qualité grâce à la formation aux normes internationales, ainsi que l’accroissement de la production en partenariat avec la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. Le gouvernement entend également miser sur la transformation locale et la production de cacao à forte valeur ajoutée, tout en renforçant sa présence au sein de l’Organisation internationale du cacao.
Julien Paluku a insisté sur l’importance d’une synergie interministérielle pour relever les défis de la filière. De l’agriculture à l’industrie, en passant par les infrastructures, la sécurité et le commerce extérieur, tous les secteurs sont appelés à travailler de manière coordonnée pour valoriser “l’or brun” congolais. Pour le gouvernement, il s’agit d’un enjeu stratégique majeur afin de garantir des revenus durables aux producteurs et de renforcer la place de la RDC sur le marché mondial du cacao.













