La RDC veut reprendre le contrôle de ses richesses minières

Par MEDINA

Le président de la République, a fixé un ultimatum de 30 jours au gouvernement pour passer au crible le respect des obligations de rapatriement des devises et la gouvernance des actifs miniers de l’État. Une offensive de transparence qui vise à récupérer les recettes échappant au Trésor public.

Le secteur minier congolais, poumon économique de la République Démocratique du Congo, s’apprête à vivre une secousse majeure. Lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, dont le compte rendu a été diffusé ce vendredi sur la chaîne nationale, le Président Félix Tshisekedi a ordonné le lancement immédiat d’un audit exhaustif et nominatif.

L’instruction est claire et le calendrier serré. Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, une task force multisectorielle incluant l’Économie, les Finances, les Mines, le Portefeuille ainsi que l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Gécamines dispose de quatre semaines pour passer à l’action.

L’objectif est de vérifier si les entreprises minières rapatrient effectivement les 60 % ou 100 % selon le cas de leurs recettes d’exportation comme l’exige la loi, et auditer la gestion des joint-ventures où l’État congolais est partenaire.

Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cet audit ne se contentera pas de statistiques générales. Il sera nominatif, ce qui signifie que les entreprises défaillantes seront nommément identifiées.

« Cet audit devra identifier les manquements, évaluer les recettes non perçues et proposer des mesures de redressement », a souligné le ministre de la Communication et Médias.

Cette démarche intervient dans un contexte où les autorités soupçonnent d’importantes fuites de capitaux. Le non-rapatriement des recettes d’exportation prive non seulement l’État de précieuses devises nécessaires à la stabilisation du franc congolais, mais pénalise également le financement des projets de développement.

Au-delà des flux financiers, c’est le cœur du système minier qui est visé, les joint-ventures. Longtemps critiquées pour leur opacité et des contrats jugés parfois léonins, les relations entre l’État et ses partenaires privés seront examinées. L’audit devra déterminer si les actifs miniers de la République sont gérés au mieux des intérêts de la Nation ou s’ils font l’objet d’une gestion occulte au profit d’intérêts privés.

Cette annonce sonne comme un avertissement pour les opérateurs miniers. En demandant des mesures de redressement rapides, le Président Tshisekedi affiche sa volonté de reprendre la main sur la gestion des ressources naturelles.

Si cet audit parvient à chiffrer précisément les pertes et à imposer un retour à la légalité, il pourrait marquer un tournant décisif pour les finances publiques de la RDC. Reste à savoir si le délai de 30 jours sera suffisant pour une mission d’une telle ampleur technique et politique.

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