RDC : la CENI alerte sur les défis sécuritaires et financiers avant les prochains scrutins

Par MEDINA

Dans son rapport annuel 2025-2026, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) dresse un portrait en clair-obscur de la marche vers les prochains scrutins. Si des étapes administratives clés ont été franchies, l’institution prévient que l’ambition des réformes se heurte à une réalité sécuritaire et budgétaire implacable.

En déposant son rapport annuel pour l’exercice 2025-2026, la centrale électorale congolaise ne se contente pas de lister ses accomplissements ; elle pose un diagnostic lucide, voire inquiétant, sur l’état de préparation du prochain cycle électoral.

Tout n’est pas sombre au siège de la CENI. L’institution se félicite notamment de la tenue des scrutins indirects dans les provinces du Kwilu et du Nord-Ubangi, des étapes cruciales pour la complétude des institutions provinciales.

Autre motif de satisfaction technique c’est la transmission du fichier électoral à l’Office national d’identification de la population (ONIP). Ce transfert marque un pas décisif vers la mutualisation des ressources pour l’identification des citoyens, un chantier attendu depuis des années pour doter enfin les Congolais de cartes d’identité fiables tout en stabilisant les listes électorales.

Cependant, ces avancées techniques ne sauraient masquer les défis structurels. La CENI reconnaît opérer dans un environnement sévèrement contraint. L’insécurité persistante dans plusieurs zones, particulièrement dans l’Est, reste le principal obstacle à un déploiement serein du matériel et des agents.

Plus critique encore est le volet financier. L’institution dénonce des ressources chroniquement insuffisantes qui grippent la planification à long terme. Pour éviter l’impasse, la CENI lance un appel direct au Gouvernement pour que les décaissements deviennent réguliers et prévisibles. Sans ce carburant financier, le moteur de la démocratie risque l’arrêt complet.

Regardant vers l’avenir, la centrale électorale ne veut pas se contenter de gérer la pénurie. Elle affiche sa volonté d’engager des réformes légales profondes. L’objectif affiché est de garantir des élections crédibles, transparentes et inclusives pour le prochain cycle.

Mais la conclusion du rapport sonne comme un avertissement, ce programme ambitieux ne pourra sortir des cartons que si la volonté politique se traduit par des actes concrets, tant sur le plan du financement que sur celui de la sécurisation des installations de la CENI, de plus en plus ciblées par des actes de vandalisme.

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