RDC : la coalition C64 donne une chance au dialogue mais pose ses conditions avant le 15 août 2026

Par Emmanuel Medina

L’épreuve de force de la rue n’aura pas lieu ce mercredi. À la suite de ses réunions de la Conférence des Présidents tenues le samedi 18 et ce lundi 20 juillet, la Coalition Article 64 (C64) a officiellement annoncé le report de sa grande marche pacifique initialement prévue le 22 juillet 2026.

Dans un communiqué de presse officiel publié ce jour, la plateforme d’opposition choisit de répondre favorablement à l’appel pressant lancé par la CENCO et l’ECC, représentées par le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend André Bokundoa. La C64 accorde ainsi une véritable chance au dialogue, tout en fixant des balises strictes au pouvoir en place.

La coalition rappelle d’emblée que ce sursis ne constitue en aucun cas un renoncement à ses principes fondamentaux. Le texte s’ouvre sur une mise en garde ferme concernant le débat autour de la loi fondamentale Pas de révision constitutionnelle, le peuple congolais ne permettra aucune remise en cause de la Constitution, la limitation des mandats; réaffirmation stricte des articles 70 et 220, stipulant que nul ne peut exercer plus de deux mandats à la tête de l’état et la condition de la paix; le respect du texte de 2006 demeure la condition indispensable de l’alternance démocratique et de l’unité nationale.

Tout en prenant acte de la déclaration de la Présidence de la République qui promet un dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain, la C64 exige que ce forum national soit officiellement convoqué dans les plus brefs délais, avec une date butoir fixée au 15 août 2026.

L’opposition insiste pour que les discussions attaquent de front les causes profondes de la crise systémique en RDC, notamment l’agression extérieure et l’insécurité persistante dans l’Est de la République, la crise de gouvernance et les difficultés économiques et sociales qui frappent la population et les réformes nécessaires à la réunification du territoire national et à la consolidation de la paix.

Notons que, pour la plateforme C64, ce dialogue national ne doit pas être un instrument de façade destiné à légitimer le pouvoir, mais un outil pour restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens. Elle exige l’instauration immédiate de mesures de confiance et de décrispation pour rassurer toutes les parties prenantes et garantir une participation sereine au processus.

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