RDC : La FEC réunit les opérateurs miniers pour harmoniser leur position sur le code minier

Par Emmanuel Medina

La Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a ouvert ce mercredi 15 juillet 2026 un forum de trois jours destiné à harmoniser la position des opérateurs du secteur extractif. Face aux modifications fiscales introduites par les récentes lois de finances, les industriels s’organisent pour bâtir un front commun avant d’engager d’éventuelles négociations avec le gouvernement sur une réforme du Code minier.

La Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a lancé, ce mercredi 15 juillet 2026 à Kinshasa, un forum stratégique de trois jours pour harmoniser la position des géants industriels du secteur avant d’ouvrir de futures négociations de haut niveau avec le gouvernement concernant une éventuelle révision de la législation minière.

La table ronde d’ouverture est été co-présidée par le patron national de la FEC, Robert Malumba, et le président de la Chambre des mines, Kassongo Bin Nassor. L’événement rassemble un large panel composé de représentants des pouvoirs publics, de dirigeants de sociétés minières, de bailleurs de fonds, d’universitaires et de délégués de la société civile.Au cours de son allocution d’ouverture, Kassongo Bin Nassor a rappelé le statut de superpuissance géologique de la RDC, devenue un acteur incontournable sur l’échiquier international des minerais critiques indispensables à la transition énergétique et aux industries de pointe.

Toutefois, le président de la Chambre des mines a martelé que cette opportunité historique ne pourrait porter ses fruits sans des garanties solides

« Cette position géostratégique exige la mise en place d’un cadre juridique, réglementaire et institutionnel stable, capable de renforcer la confiance des investisseurs, d’améliorer la compétitivité du secteur et de garantir une meilleure valorisation de nos ressources naturelles.» a-t-il souligné

Le principal point de désaccord réside dans le non-respect présumé du Code minier révisé en 2018. Kassongo Bin Nassor s’est fait le porte-parole des vives inquiétudes des opérateurs économiques face aux modifications intempestives des règles du jeu.

La FEC dénonce ouvertement l’introduction, par le biais des lois de finances successives, de nouvelles dispositions fiscales. Selon les industriels, ces taxes additionnelles violent le principe de stabilité juridique de dix ans qui leur avait été constitutionnellement garanti en 2018, un glissement réglementaire qui fragilise la prévisibilité des investissements à long terme et pénalise la compétitivité de la RDC par rapport à ses voisins.

Dès ce jeudi, les assises entreront dans une phase décisive. La deuxième journée des travaux sera entièrement verrouillée, consacrée à des commissions techniques réunissant exclusivement les opérateurs miniers et leurs experts désignés.

Pendant quarante-huit heures, ces techniciens examineront les contraintes majeures qui pèsent sur l’industrie, les failles de gouvernance institutionnelle, incohérences administratives et bouleversements du marché économique global. À l’issue de ce conclave le vendredi 17 juillet, la Chambre des mines arrêtera une feuille de route consensuelle. Ce cahier des charges servira de socle unique et non négociable lors du futur grand dialogue qui s’ouvrira avec l’exécutif national.

Il sied de rappeler, ce face-à-face entre la FEC et l’exécutif intervient dans un contexte historique lourd. Depuis la fin de la période coloniale et la nationalisation manquée de la Gécamines dans les années 1960, la RDC cherche le point d’équilibre entre la souveraineté sur ses ressources et l’attractivité pour les capitaux étrangers. Le Code minier de 2018, porté à l’époque par l’ancien président Joseph Kabila face à une fronde inédite des multinationales, avait déjà durci la fiscalité pour maximiser les recettes de l’État.

Aujourd’hui, alors que Kinshasa fait face à des défis sécuritaires majeurs dans l’Est du pays et à un besoin urgent de financer ses infrastructures, le gouvernement est tenté de puiser davantage dans les caisses de son poumon économique.

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