RDC : Laurent Onyemba appelle à dissoudre la C64 et demande au peuple de s’en désolidariser

Par Emmanuel Medina

À peine la coalition de l’opposition C64 a-t-elle annoncé le report de sa marche pour donner une chance au dialogue national, que les premières fissures internes apparaissent. Laurent Onyemba, cadre de premier plan de l’opposition, a ouvert les hostilités en appelant à la dissolution pure et simple de la plateforme Article 64.

Cette prise de position fracassante intervient alors que la coalition qui regroupe notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Matata Ponyo tentait d’afficher un front uni face au pouvoir de Félix Tshisekedi en fixant un ultimatum au 15 août.

Pour Laurent Onyemba, l’union de façade de la C64 a vécu et ne correspond plus aux réalités politiques du moment. Constatant l’incompatibilité des ambitions et des visions des différents leaders, il a tranché sans détour :

« Il est temps de dissoudre la C64. Plusieurs agendas ne peuvent se concilier. La dynamique ne sera plus jamais la même. Nous demandons au peuple de se désolidariser de la coalition C64. » a-t-il souligné

Ce désaveu public sonne comme un coup de massue pour les partisans de l’unité de l’opposition, révélant au grand jour les tiraillements stratégiques qui secouent la plateforme après la médiation menée par la CENCO et l’ECC.

Au-delà du constat de rupture, Laurent Onyemba entend faire bouger les lignes au sein de sa propre famille politique, le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi. Il a annoncé son intention de bousculer la ligne officielle en proposant une nouvelle orientation stratégique déconnectée du bloc C64 :

« Je vais présenter mon schéma au sein de notre parti Ensemble », a-t-il précisé. Cette initiative pose la question de la cohésion d’Ensemble pour la République face au futur dialogue national.

Notons que, cette sortie politique tombe au pire moment pour la C64. En affichant ses divisions sur la place publique, la coalition offre un avantage stratégique majeur à la majorité présidentielle. Alors que la plateforme tentait de dicter ses conditions et son calendrier au chef de l’État, cet appel à la désolidarisation populaire affaiblit considérablement son poids politique et son pouvoir de négociation pour les consultations à venir.

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