RDC : Le Bloc Katangais saisit Washington et plusieurs partenaires étrangers contre le projet de changement de la constitution

Le Bloc Katangais poursuit sa guerre diplomatique contre le projet de changement de la Constitution en République démocratique du Congo. L’organisation annonce avoir adressé, depuis le 7 juillet 2026, une lettre ouverte au secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le document a également été transmis à plusieurs hautes autorités américaines, notamment la Maison-Blanche, le président Donald Trump, le vice-président J.D. Vance, ainsi qu’aux présidents des commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants.

Par Charles Muhindo

Au-delà des États-Unis, le Bloc Katangais indique avoir mené cette démarche aux Nations unies, à l’Union africaine, à la SADC, à plusieurs chefs d’État africains et européens, à différentes missions diplomatiques accréditées en RDC ainsi qu’à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et à l’Église du Christ au Congo (ECC).

Cette initiative intervient quelques jours seulement après une autre action menée par l’organisation. En effet, le Bloc Katangais avait annoncé avoir saisi la Cour pénale internationale contre le régime Tshisekedi, qu’il accuse de graves violations des droits humains.

« La présente lettre ouverte vise à attirer votre attention sur la dégradation rapide de la situation politique, institutionnelle, sécuritaire et socio-économique en République démocratique du Congo depuis la séquence diplomatique ouverte par les accords de Washington signés le 4 décembre 2025 », mentionne le document.

Dans sa lettre, le Bloc Katangais affirme que la situation du pays s’est totalement détériorée depuis les accords de Washington conclus entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis. L’organisation estime que les risques d’instabilité politique, sécuritaire, économique et même de guerre civile se sont accentués et demande aux autorités américaines de clarifier leur position sur le projet de changement de la Constitution en RDC.

Le document fait également référence à une récente tribune publiée dans Newsweek par les analystes américains Liam Karr et Yale Ford. Selon le Bloc Katangais, ces derniers estiment que Washington devrait être plus ferme envers Kinshasa, estimant que le gouvernement congolais ne s’engagerait pas de manière sincère dans les efforts de paix.

L’organisation katangaise revient aussi sur les déclarations faites le 7 mai dernier par Félix Tshisekedi. Elle affirme que le chef de l’État a laissé entendre que certaines réformes demandées par les États-Unis ne pourraient être mises en œuvre sans modifier la Constitution, ce qui pousse, selon elle, à des interrogations sur un éventuel soutien des États-Unis à cette initiative.

Le Bloc Katangais soutient par ailleurs qu’un changement de la Constitution serait contraire aux articles 219 et 220 de la loi fondamentale. Il évoque également un climat marqué, selon lui, par des arrestations d’opposants, des poursuites judiciaires, des exils forcés, des tensions politiques et une restriction de l’espace démocratique.

« La démarche du Bloc Katangais ne s’inscrit pas dans une logique de confrontation, mais dans une volonté de prévenir une crise majeure avant qu’elle ne devienne incontrôlable. Pour y parvenir, il est indispensable que le gouvernement congolais renonce à toute initiative de changement et/ou de révision de la Constitution », metionnr l’organisation.

À travers cette correspondance, le Bloc Katangais demande officiellement à Marco Rubio de clarifier la position des États-Unis sur le processus de changement constitutionnel. Il invite également Washington et les autres partenaires internationaux à exercer une pression diplomatique sur Kinshasa afin d’obtenir le respect de la Constitution, l’abandon de tout projet de 3e mandat, la fin de la répression contre les opposants ainsi que la poursuite de négociations de paix jugées crédibles.

L’organisation estime que si ces recommandations ne sont pas suivies, les États-Unis et la communauté internationale devraient envisager des sanctions ciblées contre les responsables politiques, sécuritaires et institutionnels qu’elle considère impliqués dans des atteintes à l’ordre constitutionnel et aux libertés publiques. Selon le Bloc Katangais, une telle démarche permettrait de prévenir une aggravation de la crise politique et sécuritaire en RDC.

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