RDC : le duo Sama-Kamerhe, persona non grata au Parlement ?

Par Patient MBY

Un ouragan secoue le Parlement congolais, où des motions sont en gestation contre Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat. Deux figures influentes de l’Union sacrée, dont certains membres seraient eux-mêmes à l’origine de ces initiatives, selon nos informations.

La chute de Vital Kamerhe semble la plus attendue à l’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 septembre. Environ 131 signatures ont déjà été récoltées par le député Crispin Mbindule, initiateur de la pétition visant à destituer le bureau de la Chambre basse, composé de Jean-Claude Tshilumbayi, Christophe Mboso, Chimène Polipoli, Jacques Djoli et Dominique Munongo.

« Nous avons déjà recueilli 131 signatures contre le président Kamerhe, dépassant largement le seuil requis. Pour les autres membres du bureau, il nous fallait 50 signatures. Or, nous en avons 119 contre la questure Chimène Polipoli Lunda, 67 contre la questure adjointe Grâce Neema Paininye, 84 contre le rapporteur Jacques Ndjoli, 93 contre la rapporteure adjointe Dominique Munongo Inamizi, 4 contre le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, et une seule contre le deuxième vice-président Christophe Mboso », a déclaré Mbindule, cité par le magazine français Jeune Afrique.

Vital Kamerhe, allié du président Félix Tshisekedi depuis 2018 et leader de l’Union nationale congolaise (UNC), est accusé de gestion opaque des fonds de la Chambre, de personnalisation de l’institution et de prises de décisions unilatérales sur des dossiers d’intérêt général.

En parallèle, l’initiative des pétitionnaires semble viser plus large. Sama Lukonde, président du Sénat, est également dans le collimateur, notamment de l’UDPS. Le sénateur Afani Idrissa Mangala, membre du parti présidentiel, affirme que plus de 70 signatures ont déjà été réunies contre l’ensemble du bureau, qu’il accuse de bloquer systématiquement les démarches de contrôle parlementaire du gouvernement.

Une initiative inopportune ?

Si la pétition est un mécanisme légal pour exprimer des préoccupations, son timing interroge. Elle intervient alors que la RDC est engagée dans des négociations cruciales à Washington et à Doha pour pacifier l’Est du pays. Le régime Tshisekedi est par ailleurs sous le feu de critiques liées au tribalisme, au régionalisme et aux répressions visant certains Congolais de l’espace swahili.

Pour plusieurs observateurs, cette offensive parlementaire tombe mal : elle risque d’affaiblir davantage les institutions et de diviser un pays qui cherche désespérément la paix, la stabilité et la cohésion sociale, nécessaires pour faire face à la rébellion du M23-AFC.

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