Par Emmanuel Medina
Lors du Conseil des ministres, réuni en sa 98e session ce vendredi 11 septembre 2026 sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi, le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté le projet de loi de finances pour l’exercice 2027.
Présenté par le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, le texte prévoit un budget équilibré en recettes et en dépenses à 57 500 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. Conformément au délai constitutionnel, le projet doit être déposé au bureau de l’Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre pour y entamer son parcours parlementaire. Ce projet de loi de finances affiche une progression de 12 % par rapport à l’exercice 2026. L’exécutif attribue cette croissance à une amélioration attendue des recettes intérieures, projetées à 17,5 milliards de dollars, adossée à une pression fiscale portée à 12,8 %.
Pour mobiliser ces ressources, le gouvernement mise sur une stratégie claire reposant sur les réformes axées sur la modernisation de la mobilisation des recettes, l’élargissement progressif de l’assiette fiscale, et l’évolution favorable des cours des matières premières sur les marchés mondiaux.
Ces leviers visent un objectif macroéconomique central qui est la réduction de l’exposition et la dépendance du pays aux financements extérieurs.
L’enveloppe budgétaire validée cible les secteurs stratégiques du développement national et de la crise sécuritaire. Les crédits seront alloués en priorité à la sécurité et la défense, incluant la mise en œuvre des lois de programmation militaire et policière, les infrastructures de connectivité à travers le pays, le secteur social, avec l’extension de la gratuité de l’enseignement de base aux 7e et 8e années, ainsi que le déploiement de la couverture santé universelle et enfin la réponse humanitaire d’urgence destinée aux populations affectées par le conflit dans l’Est.
L’ élaboration de ce budget est le fruit de plusieurs semaines de conférences budgétaires et de travaux techniques intensifs réunissant les experts des ministères du Budget, des Finances et du Plan. En amont du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait personnellement présidé, le jeudi 10 septembre, la réunion préparatoire consacrée aux derniers arbitrages politiques et sectoriels afin d’aligner les besoins des ministères sur les capacités réelles de mobilisation des recettes de l’État.













