Par Emmanuel Medina
Présenté ce mardi 7 juillet 2026 devant l’assemblée plénière du Sénat, le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 pose les jalons d’une transformation structurelle des finances publiques. Défendu par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ce correctif budgétaire fixe une trajectoire ambitieuse de relever progressivement la pression fiscale pour atteindre un taux de 17 % d’ici 2035.
L’objectif ultime de cette stratégie est de rapprocher la RDC du bloc des pays à revenu intermédiaire, tout en se donnant la liberté totale d’agir pour financer la sécurité, les infrastructures de base et le social.
Dans son exposé des motifs face aux sénateurs, le vice-Premier ministre Adolphe Muzito a dressé un constat lucide sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale de la RDC. Avec une pression fiscale historiquement basse par rapport à la moyenne subsaharienne, le pays ne peut couvrir durablement ses ambitions de développement sans une réforme en profondeur de sa fiscalité.
La trajectoire présentée cible une augmentation par paliers pour converger vers les 17 % à l’horizon 2035. Cette optimisation des recettes internes doit permettre à l’État de s’affranchir de la dépendance excessive aux financements extérieurs et de générer l’espace budgétaire indispensable pour propulser l’économie congolaise vers de nouveaux standards de croissance.
Le projet de loi de finances rectificative 2026 réoriente de manière rigoureuse les priorités de l’État en matière de dépenses publiques. Face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays, l’exécutif a fait le choix de la souveraineté et de la connectivité territoriale.
« Les principales politiques financées en dépenses dans ce projet de loi portent sur les charges liées à la défense, à la sécurité ainsi qu’aux infrastructures particulièrement les aéroports, les routes et les chemins de fer », a souligné en substance le vice-Premier ministre en charge du Budget.
Les réallocations de crédits de ce budget révisé visent ainsi trois piliers urgents à savoir : La sécurisation du territoire national : Un soutien budgétaire accru aux Forces armées (FARDC) et aux services de sécurité pour restaurer l’autorité de l’État, notamment dans la partie orientale du pays, le désenclavement et les infrastructures de transport pour le financement prioritaire des grands chantiers routiers, ferroviaires et aéroportuaires, jugés essentiels pour relancer le commerce interprovincial et le social de la population pour l’allocation de ressources visant à améliorer les conditions de vie des Congolais, à travers les services sociaux de base.
Cette intervention d’Adolphe Muzito devant la plénière du Sénat marque le coup d’envoi du débat parlementaire sur l’ajustement du budget national 2026. Les sénateurs devront examiner la pertinence des prévisions révisées, l’efficacité des mécanismes de perception fiscale préconisés et la répartition sectorielle des dépenses de souveraineté.
Après cette étape au Sénat, le texte devra poursuivre son parcours législatif afin d’offrir au gouvernement les leviers légaux et financiers nécessaires pour exécuter son programme d’action pour le reste de l’année.













