RDC : le gouvernement se donne 30 jours pour réduire les inégalités d’accès à l’eau et à l’électricité

Par Emmanuel Medina

Lors de la 93e réunion du Conseil des ministres, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a tapé du poing sur la table pour accélérer l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les zones enclavées. Un ultimatum de 30 jours a été imposé aux ministères sectoriels pour soumettre un plan d’action intégré, parallèlement au suivi rigoureux de la protection des biens de l’État dans le secteur de l’éducation.

Malgré les avancées enregistrées par le gouvernement, les disparités infrastructurelles demeurent flagrantes entre les grands centres urbains et l’arrière-pays de la République Démocratique du Congo. Face à ce constat de précarité énergétique et hydrique, la Première ministre a instruit le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité de concevoir en urgence un plan de redressement. Ce projet devra être élaboré en synergie étroite avec les autres ministères sectoriels et les opérateurs publics clés (notamment la Regideso et la Snel).

Le gouvernement s’accorde un délai strict de 30 jours pour accoucher d’une proposition robuste. L’objectif poursuivi par la Cheffe du Gouvernement est d’assurer une première desserte intégrée pour les populations historiquement marginalisées, afin qu’aucune province ne soit structurellement oubliée du développement national.

Pour matérialiser cette vision, une phase expérimentale va être rapidement déployée. Les provinces de la Tshuapa et du Sankuru, reconnues parmi les plus enclavées du territoire national, ont été désignées comme projets pilotes.

La feuille de route attendue par la Primature ne se contentera pas de vagues promesses. Elle devra impérativement : identifier avec précision les localités prioritaires, proposer les solutions techniques adaptées à la géographie locale mini-réseaux, énergies renouvelables, fixer un calendrier d’exécution rigoureux, chiffrer précisément les investissements financiers nécessaires et définir les stratégies de financement et cartographier les partenariats stratégiques à mobiliser.

Cette démarche vient consolider des initiatives préexistantes à l’instar du ambitieux Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) ainsi que les engagements internationaux conclus dans le cadre des Compacts nationaux de l’eau et de l’électricité.

Au-delà des urgences d’accès aux services de base, la 93e réunion du Conseil des ministres a également servi de tribune pour faire le point sur la préservation des infrastructures publiques. Judith Suminwa Tuluka est revenue en détail sur l’avancement des travaux de la commission ad hoc dédiée à la protection du patrimoine foncier et immobilier de l’État affecté à l’éducation.

Les brigades de terrain poursuivent activement leurs opérations de recensement. Le but final est de dresser un inventaire harmonisé et incontestable des biens immobiliers de l’État spoliés par des tiers ou des réseaux maffieux. Pour moderniser la gestion de ce secteur et éviter toute récidive, l’exécutif mise sur la technologie : le gouvernement finalise la création d’une cartographie numérique couplée à une base de données centralisée du patrimoine éducatif national.

À travers ces deux chantiers d’envergure, le Gouvernement Suminwa réaffirme sa volonté d’allier l’urgence du développement social à la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire congolais. Les 30 prochains jours s’annoncent décisifs pour évaluer la capacité de réaction des équipes ministérielles face à ces défis de grande envergure.

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