RDC : Martin Fayulu met en garde contre une révision constitutionnelle en pleine crise sécuritaire

Le débat autour de la révision constitutionnelle est loin d’être clos en République démocratique du Congo. Après l’appel à contributions lancé par l’Union sacrée de la nation, plateforme de la majorité présidentielle, l’initiative continue de susciter des réserves au sein de l’opposition. Martin Fayulu, leader de la coalition Lamuka, affirme que le problème du pays n’a jamais résidé dans le texte constitutionnel.

Par Pierre Kabakila

Dans un message publié ce mercredi 22 avril sur son compte X, l’opposant congolais Martin Fayulu a vivement critiqué toute initiative de révision de la Constitution, estimant qu’un tel projet, dans le contexte actuel, pourrait aggraver la fragilité des institutions du pays.

S’appuyant sur les travaux des économistes Daron Acemoglu et James A. Robinson, il souligne que « l’histoire du monde et la science économique » démontrent que les États qui affaiblissent leurs propres institutions finissent par s’effondrer et générer de la pauvreté. Selon lui, la situation de la République démocratique du Congo en est une illustration préoccupante.

Au sein de l’Union sacrée de la nation, la dynamique en faveur d’une révision constitutionnelle est désormais enclenchée. Son secrétaire permanent, André Mbata, a, dans un communiqué, appelé les plateformes de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à soumettre leurs propositions en vue d’une réforme de la loi fondamentale.

Dans son message, Martin Fayulu insiste sur le contexte sécuritaire tendu, marqué notamment par l’occupation d’une partie du territoire national par le Rwanda, l’érosion de l’autorité de l’État et la prolifération d’administrations parallèles. Selon lui, engager une réforme constitutionnelle dans un tel climat reviendrait à emprunter « une voie périlleuse, aux conséquences dangereuses ».

L’opposant estime par ailleurs que le véritable problème de la RDC ne réside pas dans le contenu de sa Constitution, mais dans son non-respect. « Changer ou réviser la Constitution ne transformera pas ceux qui la violent », affirme-t-il, mettant en cause la gouvernance actuelle et le manque de volonté politique à faire appliquer les textes existants.

Dans une mise en garde plus large, Martin Fayulu évoque également des menaces internes, dénonçant « la soif du pouvoir au détriment du peuple » comme un danger aussi important que les pressions extérieures. Il appelle ainsi les dirigeants à faire preuve de responsabilité, rappelant que les décisions prises aujourd’hui engagent l’avenir de plus de 120 millions de Congolais.

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