RDC : plus de 10 000 personnes enlevées par le Conseil national de cyberdéfense (Justicia ASBL)

Par Patient MBY

Au moins 10 000 personnes ont été enlevées par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), a dénoncé l’organisation de protection et de promotion des droits humains Justicia ASBL, dans un communiqué consulté ce lundi 12 janvier par REPORTER.CD.

Selon Justicia ASBL, le CNC, un service rattaché à la présidence de la République, a enlevé, séquestré ou détenu certaines personnes « dans des maisons résidentielles, d’autres dans des chambres d’hôtel », dans des conditions jugées « inhumaines ».

« Cette structure stratégique relevant de la présidence de la République aurait procédé à l’enlèvement de plus de 10 000 personnes, détenues dans des conditions inhumaines, privées de toute assistance de leurs avocats, de la visite de leurs familles ainsi que de leurs juges naturels. Certaines seraient retenues dans des maisons résidentielles, d’autres dans des chambres d’hôtel », a-t-on lu dans ce communiqué.

En conséquence, cette ONG enjoint l’Union européenne, l’Union africaine et d’autres partenaires de la République démocratique du Congo de solliciter la suppression de ce service, qu’elle qualifie de service oppresseur des droits des citoyens. Pour Justicia ASBL, le CNC s’est détourné de sa mission initiale de coordination des services de cyberdéfense et de renseignements pour devenir un « bras séculier de la répression contre les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les citoyens ».

Créé en août 2023, le Conseil national de cyberdéfense serait indexé dans plusieurs dossiers « d’enlèvements et de séquestrations ». Les derniers cas en date qui lui sont attribués sont ceux d’Emmanuel Ramazani Shadary et de son fils Paul Ramazani, de Dunia Kilanga et de Parole Kamizelo, opposants et membres du parti PPRD de Joseph Kabila. À Lubumbashi, ce service serait responsable de « l’enlèvement » du journaliste et caméraman Stéphane Shisso de la Radio Télévision Nyota. L’ONG exige leur libération « immédiate ».

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