Le parti politique Envol a exprimé son rejet du projet d’accueil en RDC des migrants refoulés aux États-Unis, annoncé dimanche par le gouvernement congolais. Dans un communiqué publié ce lundi 06 avril, cette formation politique s’est indignée de cette décision qu’elle considère comme un aveu grave d’impuissance et de bradage de la dignité et de la souveraineté nationales.
Par Patient MBY
Envol remet les pendules à l’heure sur l’accueil, en 1994, des réfugiés rwandais lors du génocide qui a plongé le pays dans une crise sécuritaire de plus de 30 ans, devenue aujourd’hui une impasse pour la sécurité de la RDC.
Dans un contexte où le pays compte environ 6 millions de déplacés internes « en errance » et des milliers de réfugiés suite à la guerre à l’Est du pays, et où le pays manque d’un fichier national de la population, d’une carte d’identité, d’un système carcéral et pénitentiaire adéquat, ainsi que d’une justice indépendante face à la recrudescence de la criminalité urbaine, le parti de Sessanga s’étonne que le gouvernement accepte un tel accord.
Il soulève également l’absence d’un contrôle parlementaire de ce partenariat et l’opacité politique et administrative autour d’un projet qui engage la souveraineté nationale, la politique migratoire et la sécurité nationale. « Une décision d’une telle gravité ne peut être prise dans le secret de négociations compromettantes pour l’avenir de notre pays, la sécurité nationale et la cohésion nationale. Le peuple congolais a le droit de savoir ce que manigance le gouvernement ».
Pour le parti Envol, qui manifeste son rejet de ce projet, l’accueil des refoulés expulsés par Washington « constitue, par nature, un mécanisme d’externalisation de politique migratoire étrangère, quelles que soient les précautions de langage utilisées ».
Pour Envol, l’acceptation de ce deal traduit : la subordination de notre politique migratoire à des décisions étrangères, la transformation de notre territoire en dépotoir de gestion des contraintes d’autres États et l’anéantissement de l’autonomie de l’État à définir librement ses priorités autour de la politique nationale des étrangers.
Le parti Envol exige du gouvernement d’éclairer l’opinion sur le nombre de personnes concernées, leur statut juridique exact (criminels, repris de justice ?), les mécanismes et conditions d’accueil, d’hébergement et d’installation, les conséquences sécuritaires et sociales, ainsi que les contreparties réelles de cet accord que le gouvernement annonce sans coût pour le Trésor congolais.













