Révision ou changement de la constitution : Dénis Mukwege brise le silence

Révision ou changement de la constitution : Dénis Mukwege brise le silence

Par Patient Mubiayi Mby

Le docteur Denis Mukwege, candidat à la présidentielle du 20 décembre dernier, a, dans son message adressé à la population congolaise ce mardi 24 décembre 2024 à l’occasion des festivités, épinglé la question du projet de révision ou de changement de la constitution congolaise proposé par le président Félix Tshisekedi.

Pour lui, cette démarche est « inopportune » dans un pays où les agressions rwandaises s’intensifient dans la partie est de la RDC, et où l’on observe une avancée fulgurante des terroristes du M23 dans la conquête de nouveaux territoires congolais.

Selon Mukwege, si le régime Tshisekedi « recourt au forcing sur la question du changement de la constitution, cela va fragiliser la cohésion nationale », dans un pays qui fait face à plusieurs défis sécuritaires.

Cette démarche est inopportune, suspecte et dangereuse. En effet, il est prévisible que les désaccords périlleux qu’un tel forcing suscitera, dans un contexte de turbulences intérieures et régionales, fragiliseront davantage la cohésion sociale déjà ébranlée par la crise de légitimité qui a suivi les élections chaotiques et frauduleuses de décembre 2023, a-t-il estimé.

Pour Mukwege, dans un contexte dominé par les tueries perpétrées dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, ainsi que par la mauvaise gestion des institutions du pays, « hier comme aujourd’hui, nous ne pouvons tolérer l’intolérable ».

Ce projet vise implicitement à briguer un troisième mandat et à s’éterniser au pouvoir. « Hier comme aujourd’hui, nous ne pouvons accepter que l’ambition de se pérenniser au pouvoir au-delà des mandats constitutionnels mette à nouveau en péril la vie de nos concitoyens et l’existence même de notre pays. Cette tentative serait un fâcheux recul pour notre démocratie, conquise de haute lutte par plusieurs générations. »

Depuis la déclaration du président Félix Tshisekedi de mettre en place une commission pour repenser la constitution, les voix de contestation se lèvent de partout au sein de la classe politique. Les réactions sont mitigées et les tendances divisées parmi les opposants politiques et les membres du présidium.

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