Par Charles Muhindo
Le gouvernement congolais assure que les difficultés liées au paiement des agents engagés dans la riposte contre Ebola sont en voie d’être résolues. Le Dr Pierre Akilimali Zalagile, gestionnaire des incidents de la riposte, l’a affirmé ce samedi 18 juillet à Bunia, lors d’une conférence de presse organisée par l’Institut national de santé publique (INSP). Il a reconnu que les revendications des agents et autres acteurs sur le terrain sont connues des autorités et font l’objet d’une attention particulière.
Selon le responsable de la riposte, le retard dans le paiement des équipes s’explique notamment par des difficultés d’identification des effectifs réellement mobilisés au début de l’épidémie. Il évoque également l’harmonisation du barème ainsi que les difficultés de transfert des fonds vers certaines zones touchées par la maladie. Pour corriger cette situation, une opération de digitalisation des effectifs est en cours, avec l’objectif de permettre à chaque agent concerné de recevoir ce qui lui revient.
«Le retard est dû à une faible maîtrise des effectifs qui ont été placés par les zones de santé sur le terrain pour faire face à la riposte dans les premières heures, sans déclarer sur les listes les effectifs travaillant réellement. La situation est déjà prise en charge et une digitalisation est en cours pour que tout le monde obtienne son droit. L’harmonisation du barème a été aussi une autre raison. Ceci est déjà en cours de maîtrise. La difficulté de transfert des fonds dans les zones en est une autre raison au regard du minimum des trafics dans la zone affectée. Il sera fait recours au paiement numérique pour faire face à cette dernière raison», a-t-il dit.
Le gouvernement affirme également vouloir accélérer la prise en charge des agents de première ligne, considérés comme des acteurs importants dans la lutte contre l’épidémie. Le Dr Pierre Akilimali a appelé à une collaboration entre tous les intervenants afin de mieux contrôler la maladie, qui touche déjà 5 provinces de la République démocratique du Congo. Il a indiqué qu’environ 150 nouveaux cas positifs sont détectés chaque jour à travers le pays.
«La prise en charge du personnel de première ligne est une priorité pour le gouvernement congolais et cela est en train de se traiter en urgence pour tout résoudre dans un bref délai. La priorité étant de bien soigner et dans le délai les cas positifs et la surveillance des contacts», ajoute-t-il.
Le responsable de la riposte a par ailleurs insisté sur le fait que la lutte contre Ebola doit concerner toutes les zones affectées, y compris celles confrontées à des difficultés sécuritaires : «La santé n’a pas de considération politique», a-t-il rappelé, soulignant que l’accès aux soins ne doit pas être par les réalités du terrain.
Sur le plan logistique, les autorités sanitaires affirment avoir renforcé les moyens disponibles avec notamment la mise à disposition des ambulances et de produits essentiels pour la prise en charge médicale. Toutefois, 4 centres de traitement Ebola ont déjà été victimes d’attaques depuis le début de l’épidémie et ont provoqué des perturbations dans les activités de soins et mettant en danger les prestataires ainsi que les partenaires de la riposte.
Les responsables sanitaires ont enfin appelé les communautés à éviter les divisions, notamment les tensions liées aux appartenances ethniques signalées dans certaines zones de l’Ituri. Ils estiment que seule une mobilisation collective permettra de contenir l’épidémie, alors que la gestion de la riposte est désormais organisée selon une approche décentralisée au niveau des zones de santé.












