Rivalités à l’Union sacrée : Qui pour prendre la place de Bahati Lukwebo au Sénat ?

À peine la démission de Modeste Bahati Lukwebo actée, les rivalités ressurgissent au sein de l’Union sacrée autour de sa succession à la tête du Sénat. Entre ambitions personnelles, calculs géopolitiques et arbitrage attendu de Félix Tshisekedi, la bataille pour ce poste stratégique s’annonce décisive dans un contexte politique sous haute tension.

Par Reporter. CD

Au sein de la coalition au pouvoir, des acteurs s’affrontent sans relâche dans une bataille d’egos, chacun cherchant à tirer son épingle du jeu pour se positionner.

L’on se souvient encore de la chaude empoigne entre Vital Kamerhe, Bahati Lukwebo et Christophe Mboso lors de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale en 2024. Alors que tous étaient issus de l’Union sacrée, ils ont dû s’imposer des primaires pour connaître qui devrait finalement porter l’étendard de la famille présidentielle.

Le même exercice fut observé au Sénat ou encore après la déchéance de Vital Kamerhe du perchoir de la Chambre basse du Parlement et, à chaque fois, le chef de l’Etat a dû intervenir pour stopper les ambitions démesurées et insatiables de ceux qui avaient décidé de s’engager dans la course aux postes.

Alors qu’on espérait que cette page était en train d’être définitivement tournée, la démission, le mercredi dernier, de Bahati Lukwebo, a ramené les compteurs à zéro. Comme par le passé, des caciques de l’Union sacrée affûtent encore leurs armes pour occuper le poste désormais vacant.

Mais qui pour succéder à Bahati Lukwebo ?

La question sur la succession du leader de l’AFDC-A est effectivement sur toutes les lèvres. Déjà, des proches de Norbert Basengezi Katitima ont multiplié les messages propagandistes en faveur de l’ancien vice-président de la CENI, affirmant «. urbi et orbi » qu’il était le choix de l’Union sacrée et donc celui de Félix Tshisekedi.

Mais est-ce vraiment le cas? André Mbata, secrétaire permanent de la majorité présidentielle a aussitôt coupé court aux rumeurs, précisant qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce sujet. Cependant, il se pourrait que des partisans de Norbert Basengezi aient misé sur le scénario Kamerhe – Boji.

En effet, après avoir poussé le président de l’UNC vers la porte de sortie suite à ses positions embarrassant le pouvoir, Félix Tshisekedi a choisi un autre leader du Sud-Kivu, Aimé Boji Sangara, pour présider l’Assemblée nationale.

Pour nombre d’analystes, le dirigeant congolais a tenu à affaiblir et anéantir Vital Kamerhe en choisissant un autre leader ressortissant du même fief électoral pour le remplacer; en politique, « diviser pour mieux régner » étant souvent un principe de base. Également originaire du Sud-Kivu, comme c’est le cas pour Lukwebo, le sénateur Norbert Basengezi espère probablement le même scénario en sa faveur.

Dans la foulée, certains espèrent aussi voir d’autres leaders de l’Est occuper le poste afin de maintenir le soutien à Félix Tshisekedi dans ce coin du pays aujourd’hui sous grave menace sécuritaire, et où des zones entières échappent au contrôle du gouvernement congolais. Ainsi, en comptant sur Basengezi (après Boji) ou encore un autre leader des provinces de l’Est, le chef de l’Etat se sera rassuré de garder le contrôle sur l’électorat local si jamais les déchus Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo décident de lui tourner le dos à ce moment crucial où la majorité au pouvoir tient à truquer les règles pour se maintenir au delà des limites constitutionnnelles.

Mais la question demeure toujours persistante : qui finalement ? Il est certain que le successeur de Lukwebo sera celui que Félix Tshisekedi aura choisi, fort de son pouvoir discrétionnaire, soit dit en passant. Mais, à l’instar d’Aimé Boji, le dirigeant congolais pourrait jeter son dévolu sur un acteur dont la loyauté est sans équivoque, un sénateur moins susceptible d’indisposer le régime.

En effet, le président congolais doit s’assurer que les deux Chambres sont totalement sous contrôle avant le début de grandes manœuvres constitutionnelles. À ce stade, Sama Lukonde au Sénat et Aimé Boji à l’Assemblée nationale sont des pions déjà bien placés et voués entièrement à la cause. Reste donc à faire en sorte qu’aucun autre membre des bureaux ne se soustraie à la ligne tracée, comme cela a semblé être le cas avec Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo. Pour remplacer Lukwebo, Félix Tshisekedi doit ainsi s’assurer de trouver un sénateur prêt à porter la croix du changement de la constitution.

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