Des sanctions américaines lourdes tombent contre des hauts gradés de l’armée rwandaise, à la suite de leur implication directe ou indirecte dans la guerre qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces restrictions marquent un tournant dans la crise sécuritaire qui prévaut dans la région des Grands Lacs.
Par Patient MBY
Dans un communiqué publié ce lundi 2 mars, le gouvernement rwandais dénonce des sanctions économiques et techniques du Trésor américain jugées injustes et unilatérales, ciblant uniquement « une seule partie » dans un processus de paix, au profit de la RDC, qui est aussi protagoniste.
Selon les autorités rwandaises, ces sanctions sévères déforment la réalité et « travestissent les faits » de la guerre dans la partie est de la RDC. Kigali accuse Kinshasa de mener des opérations aériennes « répétées et indiscriminées » avec des drones, et d’engager des offensives terrestres sur les lignes de front, en violation du cessez-le-feu. Si l’armée loyaliste agit pour reconquérir les territoires perdus et rétablir l’intégrité de son territoire, le Rwanda y voit une action qui coûte de nombreuses vies.
Kigali justifie l’activisme des Forces de défense rwandaises à l’Est de la RDC par la détermination à protéger le territoire rwandais face aux menaces extérieures, qui proviendraient, selon lui, de mercenaires étrangers, des FDLR et des wazalendo, qui collaboreraient avec les FARDC.
Un prétexte qui se heurte à la réalité du terrain, documentée dans plusieurs rapports des groupes d’experts des Nations unies, qui révèlent la présence de milliers de soldats rwandais aux côtés des rebelles de l’AFC-M23, dans la conquête de Goma, Bukavu et d’autres territoires riches. Depuis le génocide rwandais de 1994, aucune menace des FDLR, utilisées comme argument pour poursuivre l’agression dans la partie orientale du pays, n’a été enregistrée.
Malgré les lourdes sanctions à l’égard des hauts responsables des RDF, d’aucuns s’interrogent sur leur efficacité et leur impact dans l’escalade des conflits armés, rappelant qu’en 2025, James Kabarebe (RDF) et Lawrence Kanyuka (M23) ont vu leurs avoirs être gelés pour leur participation active dans le mouvement rebelle, mais rien n’a changé sur le terrain.













