Trafic de minerais de l’Est : le Parlement congolais soutient le gel des avoirs de la raffinerie rwandaise Gasabo Gold

Trafic de minerais de l’Est : le Parlement congolais soutient le gel des avoirs de la raffinerie rwandaise Gasabo Gold

Par Emmanuel Medina

Le Groupe d’amitié RDC–États-Unis au sein de l’Assemblée nationale a officiellement salué la nouvelle vague de sanctions financières imposées par le Trésor américain. Ces mesures ciblent directement la société rwandaise Gasabo Gold Refinery Ltd., accusée par Washington d’être la plaque tournante du blanchiment de l’or illicite extrait par la coalition rebelle de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) dans la province du Sud-Kivu.

La Chambre basse du Parlement de la République démocratique du Congo fait bloc derrière la diplomatie économique américaine. Dans un communiqué de presse, le député national Joseph Bangakya, président du Groupe d’amitié RDC–États-Unis à l’Assemblée nationale, a exprimé le soutien indéfectible des élus nationaux à ces sanctions ciblées.

Le communiqué fustige le rôle central joué par la raffinerie Gasabo Gold Refinery Ltd., implantée à Kigali. Selon les conclusions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain, cette entreprise sert de vitrine légale pour blanchir des cargaisons massives d’or en provenance des zones de conflit contrôlées par l’AFC/M23 au Sud-Kivu, participant ainsi au financement de l’instabilité sécuritaire.

Les rapports des services de renseignement financiers américains dévoilent un circuit de contrebande hautement organisé, combinant forces régulières et mouvements rebelles.

L’or est extrait illégalement des sites miniers du Sud-Kivu où la coalition de l’AFC/M23 impose son autorité par la violence, les matières précieuses sont acheminées jusqu’à la frontière à Rusizi sous l’escorte directe des Forces de défense rwandaises (RDF).

Pour le seul début de l’année, au moins 60 kilogrammes d’or de contrebande, représentant une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été officiellement tracés jusqu’à la raffinerie Gasabo Gold à Kigali.

En dehors de la raffinerie elle-même, les sanctions américaines frappent individuellement ses dirigeants, à savoir son président Jean Malic Kalima et son directeur général Bosco Kayobotsi. Trois autres filiales minières rwandaises contrôlées par M. Kalima Bugambira Mines Ltd., Wolfram Mining and Processing Ltd., et Rwinkwavu Mining Corporation Ltd. voient également leurs avoirs gelés aux États-Unis.

Pour les législateurs congolais, ces nouvelles sanctions ne sont pas des actes isolés. Elles s’inscrivent rigoureusement dans le cadre de l’application des Accords de Washington, signés sous la médiation de la Maison-Blanche entre la RDC et le Rwanda.

Ces traités bilatéraux imposent l’instauration de chaînes d’approvisionnement minérales transparentes, traçables et licites à travers un cadre d’intégration économique régionale. En sanctionnant le réseau de Gasabo Gold, Washington démontre sa volonté de faire respecter les engagements de désengagement militaire et de cessation de soutien aux groupes armés, signés par Kinshasa et Kigali.

Cette fermeté du Trésor américain coupe les vannes financières de la guerre économique à l’Est, renforçant le pouvoir de contrôle des autorités congolaises sur leurs propres ressources naturelles.

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