À l’occasion de la commémoration du « Genocost », le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour la reconnaissance des massacres dans l’Est de la RDC comme un génocide et le soutien à une commission d’enquête. De son côté, la ministre des Droits humains, Chantal Chambu Mwavita, a officiellement demandé la création d’un Tribunal international spécial pour juger ces crimes.
Dans son discours, le chef de l’État a exhorté ses partenaires internationaux à « soutenir cette initiative essentielle pour établir la vérité, rendre justice aux victimes et jeter les bases d’une paix durable ». Il a souligné que ces atrocités, commises par des groupes rebelles comme les ADF et le M23-AFC avec l’appui présumé de l’armée rwandaise, sont une réalité du présent et non une affaire du passé. « Si le monde hésite encore à reconnaître cette tragédie pour ce qu’elle est, ce génocide, nous n’attendrons pas que d’autres valident notre douleur », a-t-il affirmé, plaidant pour une prise de conscience globale face à la « responsabilité » de la communauté internationale.
Le président Tshisekedi a également exprimé ses craintes quant à l’impact de l’insécurité sur le processus de paix en cours. Il a mis en garde contre le fait que ce « fléau menace à chaque instant les efforts de paix », notamment l’accord de Washington signé sous la médiation de l’ancien président américain Donald Trump. Il a conclu en appelant les Congolais à se battre pour la justice, qu’il considère comme un « droit, et non une faveur ».
Un appel à un Tribunal spécial
Dans le même élan, la ministre des Droits humains, Chantal Chambu Mwavita, a porté la demande officielle du gouvernement pour la mise en place d’un Tribunal international spécial. « Ce que nous demandons est un droit et non un privilège », a-t-elle déclaré, insistant sur le droit des victimes à la vérité et à la justice.
La ministre a également interpellé les Nations unies, l’Union africaine et les États membres, les invitant à « reconnaître officiellement le caractère génocidaire des crimes commis en RDC ». Ce message empreint d’émotion et de détermination met en lumière les millions de Congolais tués au cours des conflits armés, des massacres ciblés et de l’exploitation illégale des ressources.
La journée du Genocost, célébrée chaque année le 2 août, a pour but d’honorer la mémoire des victimes et de mobiliser l’opinion publique pour que justice soit rendue. En appelant à une commission d’enquête et à un tribunal international, Kinshasa espère mettre fin à l’impunité et prévenir la répétition de ces atrocités.













