Xénophobie en Afrique du Sud : Brazzaville lance le rapatriement d’urgence de ses ressortissants

Par Emmanuel Medina

L’ambassade de la République du Congo en Afrique du Sud a annoncé le lancement officiel des opérations de rapatriement volontaire de ses ressortissants, face à la recrudescence des violences et des discours xénophobes dans le pays.

Selon un communiqué officiel de l’ambassade congolaise à Pretoria, signé par l’ambassadeur Jean Pierre Ossey, une rotation aérienne spéciale a été mise en place ce week-end pour évacuer les citoyens désireux de retourner à Brazzaville. Le plan de vol se déploie sur deux jours à partir des principaux hubs aéroportuaires sud-africains.

Le premier vol, effectuant la liaison Brazzaville–Johannesburg–Brazzaville, est programmé pour ce dimanche depuis l’aéroport international de Lanseria. La seconde rotation, reliant Brazzaville à Cape Town, est planifiée pour la journée de lundi. La diplomatie congolaise a exhorté les membres de sa communauté résidant dans ces deux grandes métropoles à observer un respect strict des horaires et des consignes d’embarquement afin de garantir la fluidité des opérations.

Cette mesure d’évacuation volontaire intervient dans un climat de vive tension en Afrique du Sud. Depuis plusieurs mois, le pays est le théâtre de manifestations violentes et de campagnes de dénigrement ciblant spécifiquement les migrants originaires d’Afrique subsaharienne.

Le diplomate Jean Pierre Ossey et ses équipes ont accéléré les procédures logistiques pour offrir une porte de sortie sécurisée aux familles congolaises en détresse. Ce rapatriement s’inscrit dans une démarche de protection consulaire face à des menaces sécuritaires grandissantes, exacerbées par des discours de haine récurrents sur les réseaux sociaux et dans l’espace public sud-africain.

Le retour de ces citoyens pose désormais la question de leur prise en charge à l’atterrissage à l’aéroport international Maya-Maya. Les autorités de Brazzaville, en collaboration avec les services humanitaires et sociaux, devront assurer l’accueil, le recensement et l’accompagnement de ces personnes, dont beaucoup abandonnent derrière elles des années de vie, des commerces et des emplois en Afrique du Sud.

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