Le mouvement « Sauvons la RDC », qui réunit l’ancien président congolais et ses collaborateurs, a tenu un deuxième conclave du 06 au 08 avril 2026, après le premier cap sur Nairobi en octobre dernier, où la plateforme a été créée. Cette rencontre a permis d’examiner la situation sécuritaire, politique, économique et sociale du pays, ainsi que les démarches diplomatiques de Kinshasa pour le retour de la paix à l’Est du pays.
Par Patient MBY
Dans un communiqué final parvenu à REPORTER.CD, les fondateurs de Sauvons la RDC ont dénoncé les bombardements « indiscriminés » sur des zones fortement habitées, notamment à Minembwe, Masisi et Goma, ainsi que la progression de l’activisme des ADF en Ituri et au Nord-Kivu. Ils ont également dénoncé l’abandon des populations du Grand Bandundu et de la commune de Maluku, à Kinshasa, aux horreurs des miliciens Mobondo. Selon ce mouvement, le régime actuel tenterait d’assassiner les personnalités qui s’opposeraient à sa « dictature », commettant des atteintes « graves » à la liberté politique.
Pour Sauvons la RDC, « la mauvaise foi » de Kinshasa éloigne le pays de la paix en dépit des efforts fournis, notamment à Doha, Washington, par l’ECC-CENCO et dans les initiatives régionales. Il juge « décevants » les résultats de ces démarches diplomatiques, qui ignorent, selon lui, « les causes profondes de la crise, à savoir le non-respect du pacte républicain de Sun City, de la Constitution et des lois de la République, l’illégitimité des institutions, les choix désastreux du régime en place, une gouvernance prédatrice et la consolidation d’un système dictatorial, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ainsi que l’exploitation du tribalisme et de la stigmatisation comme stratégies de division pour se maintenir au pouvoir ».
Face aux velléités de changement constitutionnel et à la perspective d’un troisième mandat pour Tshisekedi, Kabila et ses collaborateurs s’insurgent, promettant d’y faire échec à l’aide de l’article 64 de la même loi fondamentale.
Le mouvement Sauvons la RDC dénonce l’opacité du partenariat stratégique sur les minerais critiques entre Kinshasa et Washington, et fustige le projet d’accueil des migrants étrangers sur le sol congolais, ainsi que l’accord sanitaire qui « viole l’éthique médicale et le droit à la protection des données personnelles », indiquant que « ce régime de Kinshasa est prêt à tout vendre, à brader les intérêts nationaux pour se ménager les faveurs de tous ceux qui peuvent garantir ou sécuriser sa survie ». Il rappelle par ailleurs que les ressources du pays demeurent un patrimoine commun.
La plateforme de Joseph Kabila a également dénoncé « la dégradation continue des conditions de vie sur l’ensemble du territoire national », soulignant une précarisation croissante des populations. Elle indique que près de 64 millions de Congolais vivent sous le seuil de pauvreté, selon le rapport de l’INS 2025, dans un contexte marqué par la famine et une insécurité chronique, plaçant la RDC parmi les pays les plus touchés par l’extrême pauvreté.












