65 ans d’indépendance : La RDC, entre commémoration et la quête inachevée de sa souveraineté pleine

65 ans d’indépendance : La RDC, entre commémoration et la quête inachevée de sa souveraineté pleine

Par la rédaction

La République Démocratique du Congo commémore les 65 ans de son accession à la souveraineté internationale, ce lundi 30 juin 2025. Une célébration solennelle qui, pourtant, ne saurait masquer les profondes réalités d’un pays toujours en proie à des conflits sur une partie significative de son territoire. Alors que l’Est, notamment le Nord et le Sud-Kivu ainsi que l’Ituri, est marqué par la présence persistante de la rébellion de l’AFC-M23 – avec le soutien avéré du Rwanda –, les combats génèrent encore déplacements massifs, exactions et pillages, rendant la pleine jouissance de cette souveraineté une quête inachevée.

De la Table Ronde au discours de la rupture : L’indépendance, un combat historique

Il y a 65 ans, le 30 juin 1960, l’acte de l’indépendance congolaise était signé à la Table Ronde de Bruxelles par les Premiers ministres belge et congolais, Gaston Eyskens et Patrice Lumumba, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères. Cet événement scellait l’accession de l’ex-colonie belge à la souveraineté. Cependant, si le roi des Belges et le premier président congolais, Joseph Kasa-Vubu, rendirent hommage à l’œuvre coloniale, c’est bien Patrice Emery Lumumba, alors Chef du Gouvernement, qui prononça le discours le plus marquant, réaffirmant la lutte comme fondement de cette indépendance. « Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir parce que nous étions des nègres », lança-t-il, un rappel cinglant des souffrances endurées et de la dignité retrouvée.

Cette indépendance ne fut pas un don, mais le fruit d’un long combat. Face à des plans d’émancipation échelonnés sur plusieurs décennies, comme celui de Joseph van Bilsen en 1955, des voix congolaises s’étaient élevées. Le « Manifeste de la Conscience africaine » en 1956 avait réclamé une association à la rédaction d’un plan progressif, tandis que la déclaration des évêques du Congo la même année soutenait le droit légitime à l’émancipation. Mais c’est l’Alliance des Bakongo (ABAKO), sous l’égide de Joseph Kasa-Vubu, qui exigea dès le 16 juillet 1956 une émancipation immédiate. Les émeutes du 4 janvier 1959 à Léopoldville, brutalement réprimées mais aux conséquences historiques, furent le véritable déclic qui précipita la Table Ronde de Bruxelles et la fixation de la date du 30 juin 1960, malgré les divergences initiales sur le calendrier.

65 ans plus tard : Une souveraineté toujours à consolider

Les premières élections législatives de mai 1960 avaient vu le Mouvement National Congolais (MNC) de Lumumba sortir vainqueur, le propulsant au poste de Premier ministre, tandis que Joseph Kasa-Vubu était élu premier président. Ce duo, symbole de l’indépendance, incarnait déjà la complexité d’une nation naissante.

Aujourd’hui, 65 ans après cette proclamation historique, la RDC se trouve à un carrefour similaire de défis. Les combats violents persistent, entraînant déplacements massifs et exactions, et remettant en question la pleine effectivité de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Des pourparlers se poursuivent sur plusieurs fronts diplomatiques – sous l’égide de Washington, Doha et de l’Union africaine – pour tenter de résoudre la crise. Un accord de paix jugé historique avec le Rwanda a d’ailleurs été signé ce vendredi 27 juin à Washington sous l’égide de l’administration Trump, suscitant un nouvel espoir.

La célébration de ce 65e anniversaire est donc plus qu’un simple souvenir. Elle est un puissant rappel que la quête de paix, de stabilité et de pleine souveraineté demeure le combat central de la République Démocratique du Congo, un héritage direct des aspirations profondes exprimées par ses pères fondateurs.

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