RDC : Cheikh Ismaël Abou Huessein, un leader terroriste ADF de nationalité yéménite, neutralisé

Les FARDC et l’armée ougandaise ont annoncé avoir neutralisé 2 combattants ADF dans, la nuit du 14 au 15 mai 2026, lors d’une opération conjointe menée dans le secteur Sokola 1 Grand Nord (Nord-Kivu).

Par Gédéon ATIBU

L’intervention s’est déroulée dans la localité de Nakota 1, située entre Beu-Manyama et Biakato, une zone située entre le Nord-Kivu et l’Ituri régulièrement touchée par les attaques de ces rebelles.

Selon le porte-parole des opérations Sokola 1 Grand Nord, le lieutenant Marc Elongo Kyondwa, parmi les rebelles tués figure Cheikh Ismaël Abou Huessein, présenté comme un important leader ADF de nationalité yéménite. L’armée congolaise le considère comme l’un des principaux responsables des récents massacres commis près de la rivière Ituri dans plusieurs villages frontaliers entre les 2 provinces.

L’opération a été menée au cours d’une patrouille de combat nocturne conduite par les forces conjointes FARDC-UPDF. Deux armes de type AK-47 ont été récupérées après les affrontements. Les FARDC déplorent toutefois la mort d’un militaire congolais tombé arme à la main durant cette intervention.

Cette neutralisation intervient après plusieurs jours particulièrement meurtriers dans les territoires de Beni et Mambasa. À Makumo, en Ituri, au moins 9 civils ont récemment été tués lors d’une attaque attribuée aux ADF. Selon des sources locales, les assaillants ont fait irruption dans cette localité avant de s’en prendre aux habitants. Après leur passage, plusieurs familles ont fui leurs villages. Quelques jours plus tôt, une autre attaque avait déjà plongé plusieurs villages du secteur de Beni-Mbau dans le deuil au Nord-Kivu. Au moins 24 civils avaient été tués dans les villages de Manzungu, Musangwa, Wasafi et Mangambo. Des responsables de la société civile avaient expliqué que plusieurs victimes avaient été surprises dans leurs champs ou dans leurs habitations avant d’être exécutées par les rebelles.

Avec les violences enregistrées ces derniers jours, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le bilan humain a atteint désormais plus de 50 morts, particulièrement des civils et les militaires en moins d’une semaine, selon différentes sources locales. Dans plusieurs cas, les victimes ont été exécutées à l’arme blanche, une méthode régulièrement utilisée par les ADF, lors de leurs incursions dans les villages.

Malgré les opérations militaires conjointes menées depuis plusieurs années par les FARDC et l’armée ougandaise, les rebelles continuent de circuler dans plusieurs zones forestières de l’Est de la RDC. Des attaques ont aussi été signalées dans certaines parties du Haut-Uélé, faisant craindre une extension progressive de leurs activités dans d’autres zones.

Face à cette recrudescence des violences, plusieurs habitants et acteurs de la société civile dénoncent la persistance de l’insécurité dans les zones sous état de siège. Certains regrettent également le manque de communication des autorités alors que les massacres se multiplient près de grandes agglomérations comme Beni et Bunia.

Les États-Unis ont récemment réagi à cette situation sécuritaire après les massacres enregistrés dans les territoires de Beni et Mambasa. Washington a condamné les attaques attribuées aux ADF contre des civils et a réaffirmé son engagement à soutenir les efforts de paix et de stabilité dans la région des Grands Lacs.

La neutralisation de Cheikh Ismaël Abou Huessein apparaît ainsi comme un coup important porté contre les ADF dans l’Est de la RDC. Mais malgré cette opération, les populations civiles continuent de vivre dans la peur dans plusieurs localités du Nord-Kivu et de l’Ituri où les attaques rebelles sont devenues régulières.

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