Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a dévoilé, le jeudi 14 mai dernier à Kinshasa, une nouvelle publication statistique consacrée à l’administration publique congolaise. Présenté au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, ce document intitulé « Fonction publique en chiffres » vise à fournir une image plus claire du fonctionnement de l’appareil étatique et de la gestion des agents publics.
Par Siméon Isako
À travers cette initiative, le gouvernement congolais affirme vouloir bâtir une administration plus organisée, capable de s’appuyer sur des données précises pour améliorer les décisions publiques. Pour les autorités, disposer de statistiques fiables devient essentiel afin de renforcer la transparence dans la gestion de l’État et d’assurer un meilleur suivi des ressources humaines de l’administration.
Cette revue statistique revient notamment sur les nombreuses difficultés qui ont longtemps marqué la Fonction publique en République démocratique du Congo. Les responsables du secteur reconnaissent qu’au fil des années, l’absence de données crédibles a favorisé plusieurs irrégularités dans la gestion des effectifs, des salaires ainsi que dans l’organisation des services publics.
Prenant la parole lors de cette cérémonie, le ministre Jean-Pierre Lihau a expliqué que la modernisation de l’administration passe désormais par une meilleure maîtrise des chiffres et des statistiques. Selon lui, les données permettent non seulement de mieux orienter les politiques publiques, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions de l’État.
Le ministre congolais est également revenu sur certaines décisions prises dans le passé qui, selon lui, ont contribué au désordre observé aujourd’hui dans la Fonction publique. Il a notamment évoqué la disparition du ministère de la Fonction publique au début des années 1970, une situation qui aurait entraîné une gestion fragmentée des agents dans plusieurs structures de l’État.
Les chiffres publiés montrent que plus d’un million d’agents publics ont déjà été identifiés grâce aux opérations d’enregistrement biométrique lancées par le gouvernement. Ces contrôles ont permis de détecter différentes anomalies dans les listings de paie et de poursuivre l’assainissement progressif de l’administration publique congolaise.
Le document aborde aussi la question des écarts de rémunération entre les agents de l’État. Les autorités reconnaissent l’existence de fortes disparités salariales dans plusieurs secteurs publics et assurent vouloir poursuivre les réformes destinées à améliorer les conditions de travail des fonctionnaires, notamment dans l’éducation, la santé et les services de sécurité.
Une autre préoccupation relevée dans cette publication est la la faible présence des femmes à certains niveaux de responsabilité au sein de l’administration. Le gouvernement estime qu’il est nécessaire de promouvoir une représentation plus équilibrée afin de permettre aux femmes d’occuper davantage de postes stratégiques dans les institutions publiques.
Avec cette revue statistique, le ministère de la Fonction publique veut instaurer progressivement une nouvelle méthode de gestion basée sur les chiffres, la transparence et le suivi des performances. Les autorités espèrent ainsi rendre l’administration congolaise plus efficace, mieux organisée et davantage tournée vers les résultats.












