Dialogue national en RDC : L’ordonnance de Félix Tshisekedi creuse davantage le fossé avec l’opposition

Dialogue national en RDC : L’ordonnance de Félix Tshisekedi creuse davantage le fossé avec l’opposition

L’ordonnance signée par Félix Tshisekedi sur la préparation du dialogue national risque de compliquer davantage les relations entre le pouvoir et l’opposition. Rendue publique ce dimanche 13 septembre, elle donne au président de la République un rôle central dans la mise en place de tout ce qui est chargé de préparer les assises.

Par Charles Muhindo

Le comité créé par le chef de l’État devra d’abord préparer la mise en place de la commission chargée d’organiser le dialogue. Félix Tshisekedi en désignera les responsables et les membres. Il pourra également mettre fin à leurs fonctions et faire appel à d’autres personnalités pour participer aux travaux.

Le secrétariat technique sera composé de 11 experts choisis par le président de la République. Ils auront notamment pour mission de préparer la feuille de route, les termes de référence, les études nécessaires ainsi que les comptes rendus des réunions. Le comité devra également rencontrer les différentes composantes concernées et recueillir leurs contributions avant la tenue du dialogue.

Le chef de l’État restera informé de l’évolution des travaux. L’ordonnance prévoit que le comité lui rende régulièrement compte, notamment à travers des notes d’étape et des rapports. Les orientations présidentielles lui seront également transmises par le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi.

À ce stade, plusieurs détails importants restent inconnus. L’ordonnance ne précise ni la composition du futur dialogue, ni les critères de participation, ni le calendrier des assises. Elle ne fixe pas non plus les thèmes qui seront discutés. Or, ce sont précisément ces questions que l’opposition et plusieurs autres acteurs réclament des précisions depuis plusieurs jours.

L’annonce intervient alors que la C64 maintient sa manifestation prévue mardi 15 septembre, avec notamment un appel à dire non au changement de Constitution et à un éventuel troisième mandat du chef de l’État. La publication de l’ordonnance, qui confirme la place importante du président de la République dans la préparation du dialogue, pourrait ainsi accentuer les tensions avec l’opposition, qui remet déjà en cause le format proposé par Félix Tshisekedi.

Le président avait annoncé ce dialogue comme un cadre destiné à rechercher la paix et la cohésion nationale dans le pays. Mais la manière dont sa préparation est organisée pourrait compliquer la recherche d’un consensus. L’opposition pourrait notamment considérer que les assises ne reposent pas sur des garanties suffisantes de neutralité, alors que les questions à l’ordre du jour ne sont toujours pas précisées.

Cette situation intervient également dans un contexte où certains opposants soupçonnent le pouvoir de vouloir utiliser le dialogue pour ouvrir la voie à une révision ou à un changement de la Constitution. Une perception qui risque de peser sur la participation de l’opposition et sur la crédibilité des prochaines étapes du processus.

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