RDC : Le gouvernement menace de poursuivre en justice les leaders de la C64 s’ils se rendent à Goma pour rencontrer Kabila

RDC : Le gouvernement menace de poursuivre en justice les leaders de la C64 s’ils se rendent à Goma pour rencontrer Kabila

Les responsables de la coalition d’opposition C64 pourraient faire face à des poursuites judiciaires s’ils concrétisent leur projet de se rendre à Goma, au Nord-Kivu, pour rencontrer l’ancien président Joseph Kabila. Le gouvernement congolais s’oppose à cette initiative annoncée par Moïse Katumbi, qui entend conduire, avec les autres membres de sa plateforme, une délégation auprès de l’ancien chef de l’État, actuellement à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN).

Par Charles Muhindo

Dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique ce mercredi 4 novembre, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur a estimé qu’un tel déplacement ne peut se faire sans l’autorisation des autorités congolaises. Il considère que tout acteur politique qui prendra contact avec les dirigeants du mouvement politico-militaire FRN dans les territoires sous occupation s’exposerA à des sanctions prévues par la législation congolaise.

« Personne ne peut se permettre d’aller prendre contact ou de faire mouvement vers des territoires occupés par une armée étrangère sans avoir l’accord et l’accompagnement du gouvernement », a prévenu le ministre.

Pour justifier cette position, le gouvernement évoque notamment l’article 102 du Code pénal congolais. Cette disposition prévoit une peine d’un à 5 ans de servitude pénale contre toute personne qui, en temps de guerre et sans autorisation du gouvernement, entretient des relations avec les agents d’une puissance ennemie. Le ministre a aussi rappelé également les obligations des partis politiques dans le contexte actuel de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La mise en garde vise notamment les 5 personnalités de la C64, à savoir Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Questionné sur les éventuelles poursuites contre ces opposants s’ils se rendent à Goma, le ministre estime que les lois de la République doivent s’appliquer à tous. Il fait également référence à Joseph Kabila, qui s’était rendu à Goma en tenant un discours en faveur de la paix avant de prendre, quelques mois plus tard, la tête de la rébellion.

De son côté, Moïse Katumbi maintient la position de sa coalition. Dans son entretien avec Jeune Afrique, il a expliqué que la C64 comptait d’abord rencontrer Félix Tshisekedi à Kinshasa, avant de se rendre à Goma pour échanger avec Joseph Kabila. L’opposant estime que cette démarche ne devrait pas poser problème, puisque Goma reste, selon lui, une ville de la République démocratique du Congo.

Le président d’Ensemble pour la République rappelle également que le gouvernement congolais négocie lui-même avec le FRN à Doha, au Qatar. Il s’interroge ainsi sur les raisons qui empêcheraient d’autres acteurs politiques congolais de rencontrer les responsables de ce mouvement. La C64 évoque cette initiative dans le cadre de sa proposition d’un dialogue national inclusif pour rechercher une issue à la crise politique et sécuritaire qui secoue le pays.

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