À la tribune des Nations Unies, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo a plaidé, mardi à New York, pour une transition énergétique mondiale fondée sur un partage plus équitable des bénéfices issus des minerais critiques. Elle a également dénoncé l’exploitation illicite des ressources congolaises, qu’elle considère comme un facteur majeur d’instabilité et de violation de la souveraineté nationale.
Par Pierre Kabakila
La République démocratique du Congo (RDC) a appelé la communauté internationale à repenser la gouvernance mondiale des minerais critiques afin que les pays producteurs bénéficient davantage de la valeur créée par leurs ressources naturelles.
S’exprimant lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies consacrée aux minerais critiques pour la transition énergétique, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, a affirmé que la transition énergétique ne pourra être qualifiée de « juste » que si elle contribue également au développement économique des États qui fournissent les matières premières indispensables à cette transformation.
La cheffe de la diplomatie congolaise a rappelé l’ambition de la RDC de devenir un pôle africain de transformation industrielle et d’innovation autour des minerais critiques. Selon elle, cet objectif passe notamment par des investissements dans les infrastructures, l’énergie, les compétences, la recherche ainsi que par la modernisation du secteur minier artisanal.
Sur le volet sécuritaire, la ministre a estimé que la transition énergétique ne devait pas alimenter une nouvelle forme de dépendance fondée sur l’exploitation des ressources naturelles. Elle a dénoncé l’exploitation illicite des minerais dans l’est de la RDC, citant le cas de Rubaya, dont les mines représentent une part importante de la production mondiale de tantale. Elle a également évoqué les conclusions du Groupe d’experts des Nations Unies faisant état d’un trafic de coltan vers le Rwanda au profit du groupe armé M23.
La RDC plaide ainsi pour un cadre international plus cohérent reliant la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix et à la sécurité internationales. Kinshasa appelle également à des partenariats favorisant la transformation locale des minerais, le transfert de technologies, le développement des infrastructures et une meilleure intégration des producteurs africains dans les chaînes de valeur mondiales.













