À Lubero, la guerre n’est pas une abstraction. Elle est visible, proche, ressentie au quotidien. Samedi, malgré un climat sécuritaire fragile, des centaines d’habitants se sont rassemblés au centre du territoire pour accueillir une délégation parlementaire conduite par Aimé Boji Sangara, Président de Assemblée nationale de la RDC.
par la rédaction
Située à environ trois kilomètres de la ligne de front, la cité de Lubero vit sous la pression permanente des affrontements armés. C’est dans ce contexte que le Speaker de la Chambre basse a tenu à effectuer cette descente, marquant l’une des étapes les plus sensibles de sa tournée dans le Grand Nord du Nord-Kivu.
Accueilli par l’autorité territoriale militaire, Aimé Boji Sangara a ensuite échangé avec la population. Son message, sobre mais ferme, s’est articulé autour d’un constat partagé : la souffrance endurée par les civils, la nécessité de préserver la cohésion sociale et l’obligation, pour la Nation, de ne pas abandonner ceux qui vivent au plus près des zones de combat.
Devant des habitants attentifs, il a souligné que l’unité entre communautés constitue un rempart aussi important que les armes, insistant sur le danger des divisions internes dans un contexte de conflit prolongé. Il a salué la résilience des familles de Lubero, qualifiée de « force morale pour toute la République ».
Le Président de l’Assemblée nationale a également replacé la situation locale dans un cadre national et international, évoquant les efforts diplomatiques et politiques entrepris par les autorités congolaises pour une sortie durable de crise. Il a transmis à la population un message de soutien du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, engagé, selon lui, à mettre fin à des décennies d’instabilité dans l’Est du pays.
Au-delà de sa portée symbolique, cette visite marque une première institutionnelle : jamais auparavant un Président de l’Assemblée nationale en exercice ne s’était rendu à Lubero. Pour de nombreux habitants, cette présence à proximité immédiate du front est perçue comme un acte de reconnaissance et un rappel que la République reste attentive à leur sort.
Avant de quitter la localité, Aimé Boji Sangara a assuré qu’il porterait les préoccupations sécuritaires et humanitaires exprimées par la population auprès du Parlement et du Gouvernement. Protection des civils, prise en charge des déplacés et relance des infrastructures figurent parmi les attentes prioritaires relayées.
À Lubero, cette visite n’a pas fait disparaître la peur ni les incertitudes. Mais pour beaucoup, elle a ravivé un sentiment souvent mis à mal par la guerre : celui de ne pas être oubliés par les institutions de la République.













