Le partenariat entre l’AS Monaco et le Gouvernement congolais prend une tournure judiciaire sérieuse. Selon des informations confirmées par le Parquet général de Monaco, une enquête préliminaire a été ouverte pour des soupçons de « corruption », « blanchiment » et « détournement de fonds ».
Par Gédéon ATIBU
L’affaire, initialement révélée par le journal L’Equipe, a franchi une étape décisive le mois dernier. Le Parquet national financier (PNF) français a transmis officiellement le dossier aux autorités monégasques. Cette procédure fait suite à une plainte déposée en septembre dernier par Me Hervé Diakiese, agissant pour le compte de deux citoyens congolais installés en France.
Au coeur du litige : un contrat de 4,8 millions d’euros sur trois ans, signé en juin 2025, visant à promouvoir l’image de la République démocratique du Congo via le club princier.
Les plaignants dénoncent un manque total de transparence. Pour eux, le contrat a été conclu sans appel d’offres et n’apparaît pas dans aucune loi de finances congolaise. Dans un post sur xbdu 18 février dernier, le ministre des Sports congolais avait réfuté ces accusations : « Notre intégrité est totale, nos procédures sont transparentes et validées par le gouvernement de la République. Ma priorité reste la jeunesse sportive congolaise, et rien ne détournera l’ambition du gouvernement de faire du football et nos sports de véritables leviers d’épanouissement pour notre pays dès cette année », a déclaré Didier Budimbu.
De son côté, la direction de l’AS Monaco assure avoir pris toutes les précautions d’usage avant la signature du partenariat. L’enquête est désormais entre les mains de la Sûreté publique de Monaco. Mais l’onde de choc pourrait ne pas s’arrêter aux frontières de la Principauté. « Tout cela procède de la même politique et obéit à la même logique de dilapidation systémique », a dénoncé Me Hervé Diakiese qui envisage de porter l’affaire devant les justices espagnole et italienne, car la RDC a signé des accords similaires avec le FC Barcelone et l’AC Milan pour un montant global de près de 90 millions.













