Par Emmanuel Medina
Le parquet militaire a requis, ce jeudi 6 août 2026, une peine de quatorze mois de servitude pénale principale à l’encontre de la célèbre artiste et chanteuse congolaise Deborah Tshimpaka Mulanga, plus connue sous son nom de scène Rebo Tchulo. Ce réquisitoire est prononcé devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, siégeant dans la partie nord de la capitale de la République démocratique du Congo.
Lors de l’audience, l’organe de la loi s’est montré ferme quant aux sanctions sollicitées face aux juges militaires. Le major magistrat Prudence Mbambi, substitut de l’auditeur militaire supérieur, a formellement demandé au tribunal de condamner la prévenue à une peine de prison ferme assortie de contraintes financières strictes.
« Pour la prévenue Tshimpaka Mulanga Deborah, alias Rebo Tchulo, la condamner à 14 mois de servitude pénale principale ; la condamner, en outre, au paiement des frais d’instance tels qu’ils seront taxés par le greffier », a déclaré le magistrat instructeur au cours de sa lecture.
Pour garantir l’exécution de la peine financière, le ministère public a également requis une période de détention supplémentaire en cas de défaut de paiement des frais de justice. Le parquet a ainsi proposé de fixer la contrainte par corps à une durée de six mois si l’artiste ne s’acquitte pas des frais d’instance dans un délai de huit jours après le jugement définitif. Le magistrat a néanmoins laissé au tribunal la latitude d’appliquer toute autre peine jugée convenable.
Par ailleurs, l’affaire comporte un volet civil initié par un particulier. Le major magistrat Prudence Mbambi a appelé le tribunal à valider les demandes de réparation formulées par la partie civile, représentée par monsieur Kasaï Platini, demandant que l’action introduite par ce requérant soit déclarée recevable et fondée afin que justice soit pleinement rendue.
Pour rappel, les ennuis judiciaires de Deborah Tshimpaka, alias Rebo Tchulo, découlent d’un incident survenu à la mi-avril 2026. La chanteuse avait accusé son chauffeur, Platini Kasaï Sadisa, de lui avoir dérobé son sac à main lors du tournage d’un clip vidéo. L’affaire avait pris une tournure pénale et hautement médiatique après la diffusion virale sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant la victime en train d’être violemment fouettée par des militaires dans une parcelle privée, en présence de l’artiste. Face à l’indignation publique, la justice militaire s’était saisie du dossier. Rebo Tchulo est ainsi poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline, aux côtés de treize soldats également poursuivis pour torture, extorsion et violation des consignes.













