Par Emmanuel Medina
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réuni d’urgence son comité d’experts ce mardi 18 août 2026. Face à une épidémie de virus Ebola qui progresse plus vite que la riposte sanitaire en République démocratique du Congo, l’agence onusienne qualifie le risque de propagation nationale et internationale de « très élevé ».
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon les chiffres communiqués le même jour par le ministre de la Santé, le Dr Roger Kamba, l’épidémie a déjà causé la mort de près de 2 370 personnes sur plus de 5 000 cas confirmés, en l’espace de seulement trois mois. Initialement localisé, le virus s’est désormais propagé dans six provinces du pays.
À l’ouverture des travaux du comité, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté sur la vitesse de transmission de la maladie, qui dépasse actuellement les capacités de déploiement des équipes de secours.
Deux facteurs majeurs compliquent le contrôle de la situation la forte mobilité des populations : les flux migratoires importants par voies routières et fluviales, ainsi que les mouvements incessants vers les zones minières, rendent le suivi des cas contacts extrêmement difficile et l’insécurité sur le terrain : les équipes médicales opèrent dans un climat de tension qui nuit aux interventions d’urgence.
L’insécurité s’est matérialisée lundi dernier par une violente agression à Kandoy, dans le territoire d’Aru dans l1 province de l’Ituri. Une équipe de la riposte sanitaire a été prise pour cible par un groupe de motards. Le bilan fait état d’un ambulancier blessé et de trois véhicules officiels endommagés.
Cette attaque a suscité une vive indignation au sein de la communauté internationale. Julien Harneis, coordonnateur principal de l’ONU pour la réponse à Ebola, a qualifié cet acte d’« inacceptable ». Il a fermement rappelé l’obligation de protéger les civils, les professionnels de la santé et le personnel humanitaire, conformément au droit international.
Pour tenter de reprendre le contrôle de l’épidémie, l’OMS a annoncé le déploiement immédiat de 100 épidémiologistes supplémentaires en renfort sur le terrain.
Ce contingent technique s’ajoutera à un réseau de plus de 500 agents de santé communautaires déjà actifs. Ces derniers assurent des missions critiques de recherche active des malades, de suivi des contacts et de sensibilisation des populations locales aux gestes barrières.
L’OMS et les autorités sanitaires lancent un appel pressant aux leaders d’opinion, aux associations de motocyclistes et à la population de l’Ituri pour qu’ils facilitent le travail des soignants et rejettent toute forme de violence afin de stopper la chaîne de transmission du virus.












