ARSP: 30 millions $ de retraits suspects, fin de mission pour Miguel Kashal

Par MEDINA

Le président Félix Tshisekedi a mis fin aux fonctions de Miguel Kashal Katemb à la tête de l’ARSP. Cette décision coïncide avec les révélations d’une enquête d’Africa Intelligence faisant état de retraits suspects de plusieurs dizaines de millions de dollars.

L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) traverse une zone de fortes turbulences. Alors qu’une ordonnance présidentielle vient de sceller le sort de son désormais ex-Directeur général, des documents d’enquête mettent en lumière une gestion financière hautement controversée. Entre accusations de détournement de fonds publics et impératifs liés à la défense nationale, le dossier révèle les zones d’ombre du financement public en République Démocratique du Congo.

Selon les révélations publiées par le média spécialisé Africa Intelligence, une lettre de dénonciation officielle a été adressée au ministre de l’Entrepreneuriat, Justin Kalumba, avec copie aux plus hautes institutions du pays.

Cette missive s’appuie sur des pièces comptables précises : Des relevés bancaires d’un compte de l’ARSP logé à la Sofibanque, couvrant la période de 2024 à juin 2025, des retraits massifs en espèces portant sur plusieurs dizaines de millions de dollars américains, des anomalies de gestion, qualifiées par les dénonciateurs de mégestion, incluant le versement injustifié de plus de 200 000 dollars de frais d’installation au profit de Miguel Kashal, ainsi que des paiements opaques de 3 millions de dollars à des cabinets d’avocats.

La démarcation de la défense : La justification de « l’effort de guerre

Face à ces accusations de détournement de fonds, les partisans du dossier et plusieurs responsables de premier plan opposent une tout autre version des faits. Les fonds retirés en liquide n’auraient pas été détournés à des fins d’enrichissement personnel, mais réaffectés par l’exécutif pour des raisons de souveraineté nationale; ces liquidités auraient été directement sollicitées par les services de sécurité congolais pour appuyer les opérations militaires sur le terrain contre les rebelles du M23 / AFC dans l’Est du pays.

Les banques et les sources proches du dossier affirment que ces mouvements financiers ont été notifiés à la Cellule nationale des renseignements financiers (Cenaref), dirigée par le magistrat Adler Kisula Betika, qui ne s’y est pas opposée.

En RDC, le gouvernement sollicite régulièrement les institutions et entreprises publiques pour alimenter les caisses de la défense. Cependant, par nature, ces transactions en numéraire restent impossibles à tracer formellement, ce qui alimente les soupçons.

La démarcation politique : Une chute administrative brutale

Bien que Miguel Kashal ait déjà été auditionné par le Conseil National de Sécurité (CNS) par le passé avant d’être relâché, la pression politique et médiatique semble avoir atteint un point de non-retour.

Par le biais d’une ordonnance présidentielle signée par Félix Tshisekedi, Kashal a été officiellement démis de ses fonctions. Cette révocation marque un coup d’arrêt brutal pour celui qui s’était positionné comme le gendarme de l’émergence de la classe moyenne congolaise.

La justice congolaise devra désormais déterminer si ces dizaines de millions de dollars ont effectivement servi à défendre la patrie ou s’ils ont été siphonnés sous le couvert du secret défense.

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