Attaques, déplacements et Ebola : l’Ituri face à une crise sanitaire sous tension

Par MEDINA

Face à l’interconnexion dramatique entre l’insécurité armée et la progression fulgurante d’Ebola, le gouverneur militaire de l’Ituri appelle à une mobilisation internationale immédiate. Entre attaques de centres de traitement et sites de déplacés saturés, la riposte médicale s’avère plus complexe qu’en 2019.

Intervenant ce lundi 25 mai 2026 lors du briefing ministériel d’Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), le gouverneur militaire de la province, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, a lancé un appel urgent à la mobilisation nationale et internationale. Son constat est sans appel : la guerre et l’épidémie d’Ebola s’alimentent mutuellement, menaçant d’asphyxier la région.

Le premier vecteur de vulnérabilité réside dans la crise humanitaire préexistante. Selon le gouverneur militaire, près de 970 000 personnes déplacées s’entassent actuellement dans 61 sites répertoriés à travers la province.

Cette population déracinée vit dans des conditions d’extrême précarité. La promiscuité sévère, l’insuffisance alimentaire chronique et le manque d’infrastructures d’hygiène transforment ces camps en véritables poudrières épidémiologiques, compliquant drastiquement le contrôle des chaînes de transmission.

Sur le terrain, les équipes médicales n’affrontent pas seulement le virus, mais aussi la violence des groupes armés. Johnny Luboya a révélé que des centres de traitement d’Ebola ont été la cible d’attaques directes dans les zones de Mongbwalu et de Rwampara, deux des principaux foyers de l’épidémie. Sécuriser le personnel soignant et les structures de santé est désormais une priorité absolue pour éviter la fuite des humanitaires.

À l’insécurité se greffent des défis logistiques majeurs. Le déploiement des médecins et du matériel d’urgence est actuellement freiné par la fermeture de plusieurs aéroports stratégiques de la province. Le gouverneur s’est toutefois voulu rassurant, annonçant une réouverture imminente de ces infrastructures pour désenclaver les zones sanitaires isolées.

Pour le chef de l’exécutif provincial, la comparaison avec la grande épidémie de 2019 montre que la situation actuelle est nettement plus périlleuse. L’intensification de la guerre à l’est de la RDC réduit les marges de manœuvre des acteurs de la santé. De plus, les traumatismes répétés liés aux massacres et aux déplacements forcés alimentent une méfiance profonde des communautés envers les messages officiels de prévention.

Face à cette course contre la montre, Johnny Luboya a salué le déblocage d’une enveloppe de 20 millions de dollars par le Président de la République, Félix Tshisekedi. Un premier pas crucial, qui devra impérativement être complété par l’aide internationale pour éviter que cette crise sanitaire ne devienne totalement incontrôlable.

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