Blocage de l’accord de Washington : En tournée pour Tshisekedi, Anzuluni tente de convaincre les partenaires de la RDC de soutenir la démobilisation des FDLR

Blocage de l’accord de Washington : En tournée pour Tshisekedi, Anzuluni tente de convaincre les partenaires de la RDC de soutenir la démobilisation des FDLR

Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, est engagé depuis plusieurs jours dans une série de rencontres avec des dirigeants africains et occidentaux. Par cette tournée diplomatique, le gouvernement congolais veut convaincre ses partenaires que la démobilisation volontaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) peut aider à faire avancer l’accord de Washington signé entre la RDC et le Rwanda en juin 2025. L’information est révélée par Jeune Afrique.

Par Charles Muhindo

Selon le média, Floribert Anzuluni s’est déjà rendu en Ouganda, au Burundi, en Tanzanie, au Togo, ainsi qu’en Belgique et en France. Officiellement, ces échanges portent sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Mais Kinshasa en profite aussi pour présenter sa nouvelle stratégie sur le dossier des FDLR.

En effet, la neutralisation des FDLR fait partie de principaux engagements pris par la RDC dans le cadre de l’accord de Washington. En contrepartie, le Rwanda est censé retirer ses forces de l’est de la RDC, où Kigali est accusé par Kinshasa, les Nations unies et plusieurs pays occidentaux de soutenir le M23. Jusqu’à présent, ces 2 questions sont celles qui continuent de bloquer l’application de l’accord de paix de Washington.

Il est clair aujourd’hui que la neutralisation des FDLR par les seules opérations militaires reste difficile. Une grande partie de combattants de ce groupe armé se trouve dans des zones contrôlées par l’AFC/M23, où les FARDC ne peuvent donc pas intervenir. Ce qui complique le respect des engagements pris par la RDC.

Face à cette réalité, le gouvernement congolais essaie de faire avancer le dossier par une autre méthode. D’après Jeune Afrique, Floribert Anzuluni présente à plusieurs partenaires un protocole (document) qui prévoit le désarmement et la démobilisation volontaire des FDLR. Ce document aurait été signé par Victor Byiringiro, responsable de la branche politique du mouvement FDLR

Toujours selon Jeune Afrique, ce protocole prévoit que les combattants déposent volontairement les armes avant la dissolution progressive du mouvement. Pour les autorités congolaises, cette démarche peut produire des résultats là où les opérations militaires peinent à être lancées.

Selon la même source, en plus de la question sécuritaire, Kinshasa est aussi aussi dans une démarche politique et diplomatique. Les autorités congolaises estiment que si les FDLR acceptent de déposer les armes, le Rwanda aura de plus en plus de difficultés à continuer de présenter leur présence comme la principale raison de sa présence dans l’est de la RDC.

Comme on le sait, depuis plusieurs années, Kigali dit que les FDLR représentent une menace pour son pays. Les autorités rwandaises accusent en même temps la RDC de collaborer avec ce mouvement et soutiennent que certains de ses membres sont déjà même intégrés dans les FARDC ou même dans la Garde républicaine. Des accusations que Kinshasa a toujours rejeté.

Pour le gouvernement congolais, les contacts avec les FDLR ont un seul objectif, celui de les convaincre de déposer les armes. Par cette démarche, Kinshasa veut aussi à montrer à la communauté internationale que la RDC respecte les engagements qu’elle a pris dans l’accord de Washington.

La démarche congolaise intervient alors que les États-Unis suivent de près la suite de cet accord. Selon Jeune Afrique, Washington a demandé aussi bien à la RDC qu’au Rwanda d’accélérer la mise en œuvre de leurs engagements respectifs. Les autorités américaines attendent notamment une évolution sur la neutralisation des FDLR et sur le retrait des forces rwandaises de l’est de la RDC.

D’après le média, plusieurs partenaires de la RDC considèrent que cette initiative de Kinshasa est déjà un pas important. Ils restent toutefois prudents en attendant de voir si cette démobilisation pourra être appliquée sur le terrain.

Le dossier devrait de nouveau être examiné lors d’une réunion du Joint Oversight Committee (JOC), un mécanisme prévu par l’accord de Washington. Selon Jeune Afrique, cette rencontre est annoncée à Paris et devra notamment évaluer les avancées réalisées sur la question des FDLR.

Par cette tournée diplomatique, Floribert Anzuluni veut convaincre les partenaires de la RDC que la démobilisation des FDLR peut contribuer à faire avancer l’accord de Washington, tout en répondant à l’un des principaux points qui bloquent le processus de paix entre la RDC et le Rwanda.

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