Par la rédaction
La République démocratique du Congo et le Rwanda sont sur le point de concrétiser un accord de paix crucial visant à désamorcer des décennies de tensions dans la région des Grands Lacs. Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi 20 juin, via son réseau Truth Social, que des représentants des deux pays seraient à Washington dès ce lundi pour entamer la phase finale du processus.
« Je suis très heureux d’annoncer que j’ai organisé, avec le secrétaire d’État Marco Rubio, un merveilleux traité entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, dans leur guerre, qui était connue pour l’effusion de sang violente et la mort, plus encore que la plupart des autres guerres, et qui dure depuis des décennies », a déclaré le président Trump.
Une signature officielle prévue le 27 juin
Confirmant ces avancées, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a précisé que l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda sera officiellement signé et approuvé le 27 juin 2025 à Washington par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Il a tenu à clarifier que le texte avait déjà été paraphé par les experts le 18 juin, insistant sur le fait qu’il n’y aurait pas un « deuxième accord » signé le 27 juin. M. Nduhungirehe a également indiqué que la future rencontre entre les présidents congolais et rwandais ne visera pas à entériner cet accord, mais plutôt à « faire progresser la paix, la stabilité et la prospérité dans la région des Grands Lacs ».
Une médiation américano-qatarie au cœur du processus
Cet accord est le fruit de négociations menées à Washington sous médiation américaine, avec la participation active d’un représentant du Qatar. La phase de paraphe s’est déroulée en présence d’Allison Hooker, secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires politiques, et la signature officielle sera placée sous les auspices du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le rôle du Qatar, partenaire clé des États-Unis dans cette initiative, a été salué par les deux parties pour sa contribution à la coordination des démarches diplomatiques, notamment sur les volets sécuritaires et humanitaires.
Le texte de l’accord, issu de trois jours de discussions qualifiées de « constructives », s’appuie sur une déclaration de principes signée le 25 avril 2025. Il englobe plusieurs dimensions cruciales du conflit :
- Sécuritaire : Interdiction des hostilités, désengagement et désarmement des groupes armés non étatiques, et création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire basé sur le Concept of Operations (CONOPS) du 31 octobre 2024.
- Politique : Réouverture du dialogue bilatéral et mise en place d’un comité conjoint de suivi.
- Humanitaire : Dispositions pour le retour des réfugiés et des déplacés internes, et ouverture de corridors humanitaires.
- Économique : Un cadre de coopération pour l’intégration économique régionale, incluant des projets transfrontaliers dans les infrastructures, le commerce et l’énergie.
Cet aboutissement diplomatique marque un moment potentiellement charnière pour la stabilisation d’une région dévastée par des décennies de conflit.













