Crise politique au Kasaï-Central : les députés rejettent la décision du VPM Jacquemain Shabani

Par Patient MBY

Un bras de fer se vit actuellement entre le vice-premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani et les élus provinciaux du Kasaï-Central. Alors que le ministre de tutelle a réinvesti le bureau d’âge après des consultations à Kinshasa, 18 députés sur 34 qui constituent l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central ont désapprouvé cette décision.

Dans une correspondance signée ce lundi 14 juillet depuis la ville de Kananga, les 18 députés provinciaux majoritaires au sein de l’hémicycle indiquent que le bureau d’âge rétabli par Jacquemain Shabani a été installé en violation des articles 10 et 12 du règlement intérieur par 14 députés pétitionnaires et parmi lesquels deux ayant perdu leur mandat pour absentéisme, en instrumentalisant un directeur administratif « suspendu » alors que les quatre membres du bureau dont le président, le vice-président, le rapporteur et le Questeur visés par la pétition de déchéance préparaient leurs moyens de défense pour une audience convoquée par le rapporteur adjoint, qui est restée au point mort suite à la convocation des membres du bureau concernés à Kinshasa.

Ils s’interrogent par ailleurs sur le mécanisme par lequel une plénière convoquée en violation de la loi peut voter un bureau d’âge, en évoquant une incohérence sur l’âge légal d’un président du bureau d’âge. Le nouveau président du bureau d’âge, le député Stéphane Muanda Malombo est né en 1962. Pourtant, Mbungu Mapumba Crispin est né en 1952.

Face aux irrégularités évoquées, ces 18 députés provinciaux s’inscrivent en faux contre la position du ministre de l’Intérieur et l’appellent à laisser agir la légalité.

« C’est pour toutes ces raisons que nous vous exprimons ici notre totale désapprobation et rejetons votre position contenue dans votre courrier précité qui légitime les personnes qui violent délibérément la loi et le règlement intérieur de notre institution et vous demandons de revenir au bon droit et de tirer les conséquences qui s’imposent et de laisser agir seule la légalité. Ce sera la voie de la sagesse et de la raison, ce qui évitera à la province du Kasaï central des conflits qui ne font que retarder son développement », a-t-on lu dans cette lettre adressée à Jacquemain Shabani.

Ces antagonismes viennent encore alimenter la crise politique dans la province du Kasaï-Central au cœur de vives tensions entre les acteurs politiques. Ce bras de fer institutionnel intervient dans un contexte où le président de la République Félix Tshisekedi veut la stabilité des institutions du pays.

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