Débat constitutionnel en RDC : Félix Tshisekedi ouvre la porte à une réflexion, mais entretient le flou sur son avenir

Par MEDINA

C’est une petite phrase qui risque de faire couler beaucoup d’encre et d’agiter la classe politique congolaise dans les jours à venir. Lors de sa récente sortie médiatique en conférence de presse ce mercredi 6 Mai , le Président Félix Tshisekedi a clarifié sa position sur la question sensible de la révision et ou du changement de la Constitution, en utilisant une formule dont il a le secret : entre rigueur institutionnelle et écoute de la voix du peuple

Interrogé frontalement sur ses intentions à l’approche de la fin de son second mandat, le Chef de l’État a d’abord joué la carte de la prudence technique. « Je suis pour que les experts étudient la Constitution », a-t-il déclaré, justifiant ce besoin par les nombreuses lacunes et les lourdeurs que contiendrait le texte actuel, rédigé dans un contexte de transition après-guerre.

Félix Tshisekedi a tenu à rassurer une partie de l’opinion et de la communauté internationale en affirmant : « Je ne suis pas là pour un troisième mandat ». Cette déclaration semble, au premier abord, fermer la porte à une modification des articles verrouillés de la Loi fondamentale.

Cependant, le Président a immédiatement ajouté une nuance de taille qui n’a pas échappé aux analystes : « Mais si le peuple me le demande, je ne refuserai pas ». A-t-il ajouté

Cette seconde partie de la phrase introduit une variable bien connue dans l’histoire politique du continent ,l’appel du peuple comme moteur d’un changement des règles du jeu. Pour les partisans du pouvoir, c’est l’expression même de la démocratie directe. Pour l’opposition, en revanche, c’est un signal d’alarme qui rappelle les prémices des glissements de mandats observés ailleurs.

En renvoyant la balle aux experts tout en se disant à l’écoute du peuple, Félix Tshisekedi lance officiellement le débat national sur la Constitution de 2006. S’agit-il d’une réelle volonté de moderniser les institutions gestion des provinces, mode de scrutin, ou d’une stratégie de long terme pour tester la réceptivité de la population à une prolongation de son bail au Palais de la Nation ?

Une chose est certaine, en déclarant qu’il ne « refuserait pas » si le peuple le sollicitait, le garant de la nation vient de donner le coup d’envoi d’une période d’intense effervescence politique où chaque camp tentera de définir ce que veut réellement le peuple .

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