Au lendemain de la démission de Jacques Kyabula à la tête du Haut-Katanga, plusieurs acteurs politiques estiment que tout le gouvernement provincial est désormais démissionnaire. Des partis politiques et analystes appellent à l’organisation rapide des élections pour désigner un nouvel exécutif provincial.
Par Patient MBY
La démission de l’ancien gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique provinciale. Plusieurs acteurs politiques réclament désormais l’organisation des élections pour désigner un nouveau gouverneur et son vice-gouverneur.
Après cette démission, le parti Action pour la rupture et le développement (ARDev), formation politique de Jacques Kyabula, a salué une décision qu’il qualifie de « responsable » et de « courageuse ». Lors d’une matinée politique organisée à Lubumbashi, le parti a affirmé que le départ de son leader ne signifie pas un abandon de la province.
ARDev a également réaffirmé son soutien au président de la République ainsi qu’au projet de révision constitutionnelle. Le parti estime par ailleurs que la démission de Jacques Kyabula entraîne automatiquement celle de tout le gouvernement provincial.
Considérant l’exécutif actuel comme « illégitime », cette formation politique appelle la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à organiser de nouvelles élections des gouverneurs afin de permettre à toutes les forces politiques d’y participer.
Même position du côté de Lolo Kyungu, président du parti ANAFEK. Celui-ci affirme que, conformément à la loi sur les principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces, le gouvernement provincial est désormais démissionnaire et ne peut gérer que les affaires courantes.
Il exige l’organisation, dans un délai de 30 jours, des élections d’un nouvel exécutif provincial conformément à la loi électorale.
Pendant ce temps, certains analystes estiment que cette démission pourrait renforcer la position de Martin Kazembe, qui assure l’intérim depuis juillet 2025. D’autres évoquent la jurisprudence issue de l’affaire Muyej-Masuka comme base juridique pouvant soutenir son maintien à la tête de la province.
Jacques Kyabula avait annoncé sa démission jeudi 21 mai après près de neuf mois passés à Kinshasa, où il avait été convoqué par le ministre de l’Intérieur pour des consultations. Dans sa lettre adressée au président de la République, il a expliqué avoir pris cette décision « dans l’intérêt supérieur de la province ».













