Ebola au Kasaï : 45.000 doses de vaccin attendues en renfort

Par pierre Kabakila

La République démocratique du Congo est engagée dans une véritable course contre la montre pour contenir l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province du Kasaï. Bulape, identifié comme l’un des épicentres de la flambée, concentre actuellement les efforts de vaccination et de prise en charge avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Selon l’agence onusienne, plus de 760 doses de vaccin ont déjà été acheminées sur place, sur un stock de 3.500 disponibles. Les premières cibles sont les professionnels de santé ainsi que les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. En appui à cette riposte, le Groupe international de coordination a approuvé l’envoi de 45.000 doses supplémentaires dans les prochains jours.

Situation préoccupante

Deux semaines après le début de l’épidémie, la maladie a déjà fait 48 victimes (38 cas confirmés et 10 probables), dont 31 décès. Le virus, initialement limité à deux districts, s’est étendu à quatre zones de santé. Les femmes sont les plus touchées, représentant 55 % des cas confirmés et 65 % des décès, un fait que l’OMS attribue à leur rôle prédominant de soignantes dans les communautés. Trois enfants de moins de cinq ans figurent également parmi les morts.

Un dispositif renforcé

Pour limiter la propagation, plus de 900 personnes identifiées comme contacts font l’objet d’un suivi rapproché. Un centre de traitement Ebola de 18 lits a été ouvert à l’hôpital général de Bulape avec le soutien de l’OMS. Deux patients traités ont déjà pu quitter l’établissement après leur guérison, un signe encourageant dans un contexte marqué par la peur et l’isolement des localités affectées.

La stratégie de vaccination en anneau est appliquée, visant à protéger les contacts directs et indirects des malades. Elle s’accompagne d’un renforcement des mesures de prévention et de la mise en alerte des pays voisins.

Un risque encore contenu

L’OMS évalue le risque comme élevé au niveau national, modéré au niveau régional et faible au niveau mondial. L’agence souligne qu’aucune restriction de trafic international n’est à ce stade nécessaire, mais appelle à un renforcement de la surveillance sanitaire aux frontières.

Grâce à la mobilisation rapide des autorités congolaises et de leurs partenaires, l’épidémie reste pour l’instant géographiquement limitée. Tous les efforts sont désormais tournés vers la protection des vies et l’arrêt de la propagation de ce virus mortel.

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