Ebola : Kinshasa dénonce la violation du règlement èglement Sanitaire International par le Rwanda

Par MEDINA

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement fustigé la décision de Kigali de fermer unilatéralement ses frontières face à la menace du virus Ebola. Pour Kinshasa, cette mesure viole les traités internationaux et fragilise la riposte sanitaire régionale.

La tension s’intensifie entre Kinshasa et Kigali, cette fois sur le terrain de la sécurité sanitaire. Le gouvernement congolais, par la voix de son ministre de communication et médias porte-parole du gouvernement, a publiquement déploré la fermeture des postes-frontières décidée par le Rwanda. Les autorités de la République Démocratique du Congo qualifient cette initiative de violation directe du Règlement Sanitaire International (RSI), le traité contraignant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont les deux pays sont pourtant signataires.

Le cœur du litige repose sur l’application de l’article 43 du RSI. Ce texte stipule que toute restriction aux mouvements de biens et de personnes doit être scientifiquement justifiée et proportionnée au risque réel. Or, l’OMS maintient une position constante , la fermeture des frontières est inefficace, voire contre-productive, pour stopper une épidémie comme Ebola.

Pour les autorités congolaises, le choix du Rwanda pose un triple problème à savoir
: L’entrave à la riposte, le blocage perturbe la circulation du personnel médical et le déploiement logistique de l’aide humanitaire, le risque de clandestinité, en fermant les points de passage officiels, les populations sont poussées vers des voies de traverse non contrôlées, augmentant le risque de propagation invisible du virus et l’asphyxie économique car les flux commerciaux indispensables à la survie des populations transfrontalières, notamment entre Goma et Gisenyi, se retrouvent brutalement paralysés.

Cette crise met en lumière les limites de la diplomatie sanitaire mondiale. Bien que le Rwanda possède une Constitution qui place les traités internationaux au-dessus de ses lois nationales, Kigali a choisi de faire prévaloir sa souveraineté sécuritaire. Les autorités rwandaises défendent cette fermeture comme une mesure de précaution vitale pour protéger leur territoire, ignorant les appels à la coordination technique lancés par Kinshasa et Genève.

L’OMS, dépourvue de pouvoir de sanction ou de coercition juridique, assiste impuissante à ce bras de fer. Du côté de Kinshasa, on appelle la communauté internationale à constater ce manquement aux engagements multilatéraux, alors même que les équipes sanitaires de la RDC réclamaient une gestion concertée et transparente de la surveillance épidémiologique aux frontières.

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