Faute d’un compromis politique fondamental, le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution de la 3ème République suscite une guerre larvée entre l’opposition et le pouvoir.
Par Gédéon ATIBU
Les dés sont jetés. L’on croyait l’affaire pliée; il n’en est rien, semble-t-il. Alors que le pouvoir en place fonce tout droit vers la révision constitutionnelle, fort de sa majorité parlementaire, l’opposition choisit la voie de la résistance.
Face à la presse ce samedi 21 mars, Delly Sesanga s’est opposé à un quelconque projet de changement ou de révision constitutionnelle pouvant permettre à Félix Tshisekedi de s’octroyer un nouveau bail à la tête du pays.
Dressant le bilan des deux mandats de Félix Tshisekedi, le député honoraire note une régression systématique, particulièrement en ce qui concerne la situation sécuritaire. Celle-ci s’est nettement détériorée alors que le Chef de l’État avait lui-même fixé un principe clair : sans la paix à l’Est, son bilan serait un échec.
Le leader de l’Envol rappelle au commandant suprême qu’il lui reste exactement 946 jours à passer au sommet de l’État. Delly Sesanga souhaite que le Président sorte par la grande porte, c’est-à-dire après l’organisation d’élections libres et démocratiques fin 2028.
Au sujet du changement de la Constitution, Delly Sesanga s’est montré radical : « Soyons clairs, aucun pouvoir n’est au-dessus de la Constitution. Aucun dirigeant n’a un droit divin sur ce pays. Changer la Constitution, transformer les mandats en mission illimitée et s’affranchir de toutes les exigences d’un État de droit ne fait pas partie de la République ! Installer un pouvoir personnel c’est une remise en cause du pacte républicain. C’est un acte de violence, qui confisque le pouvoir, sur le modèle de la dictature que les congolais ont connu, combattu et vaincu sous la deuxième République », a-t-il indiqué.
L’ancien député national prévient d’un tournant dangereux si jamais le régime décide de toucher à la Loi fondamentale. Face à ce qu’il qualifie de « maquis contre la République », Delly Sesanga, sans faux-fuyants, a appelé les Congolais au courage en actionnant l’article 64 de la Constitution du 18 février 2006.
« Ils doivent être traités et combattus comme tel par tout moyen. Le peuple congolais a déjà combattu pour sa liberté. Il a déjà résisté. Il a déjà refusé l’arbitraire. Et il saura, encore une fois, se lever pour défendre la République », a-t-il ouvertement déclaré.
Cette déclaration intervient au lendemain de la proposition de loi sur le référendum initiée par le député Tony Mwaba Kazadi. L’opposition refuse de se laisser ballotter par le pouvoir. Le rapport de force engagé scellera la trajectoire du pays : entre révision, statu quo ou embrasement. Pour l’heure, l’opposition semble parée à toute éventualité, même si elle paraît pour l’instant aphone sur le terrain.












