Face à Ebola, l’espoir renaît en RDC après l’arrivée des premiers vaccins

Face à Ebola, l’espoir renaît en RDC après l’arrivée des premiers vaccins

Depuis quelques semaines, l’épidémie d’Ebola fait de plus en plus peur en République démocratique du Congo. Le nombre de cas augmente, les décès s’accumulent et la maladie gagne du terrain. Au 18 août, l’OMS faisait état de 5 208 cas confirmés et de plus de 2 476 décès dans six provinces. La situation est devenue si grave que l’OMS considère déjà cette flambée comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Par Charles Muhindo

C’est dans ce contexte que l’arrivée des premiers vaccins peut être considérée comme une bonne nouvelle. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a réceptionné, vendredi 21 août, à l’aéroport international de N’djili, 16 520 doses de vaccin rVSV-ZEBOV. Au total, 50 120 doses sont attendues entre le 21 et le 24 août. Financées par Gavi, ces doses arrivent surtout à un moment où la riposte a besoin de nouvelles solutions pour tenter de stopper la progression de l’épidémie.

Il faut cependant rester prudent. Le vaccin arrivé en RDC est l’Ervebo, utilisé contre le virus Ebola Zaïre. Or, le virus qui circule actuellement dans le pays est le Bundibugyo. Pour cette souche, il n’existe toujours pas de vaccin homologué. L’OMS note d’ailleurs que l’absence d’un vaccin autorisé contre le virus Bundibugyo reste l’un des problèmes qui compliquent la riposte.

Mais cela ne signifie pas que ces doses ne peuvent être utiles. Au contraire. Dans une épidémie qui continue de faire rage, toutes les pistes susceptibles de contribuer à protéger les populations doivent être explorées. L’OMS prévoit justement l’utilisation du vaccin Ervebo dans le cadre d’un essai clinique afin d’évaluer s’il peut offrir une protection contre le virus qui circule actuellement. Si les résultats sont encourageants, cette première expérience pourrait contribuer à la lutte contre le virus Bundibugyo.

Comme l’exhortent les experts, les équipes de riposte doivent, pour l’heure, surtout compter sur la détection des malades, la recherche des contacts, l’isolement et la prise en charge. Ces mesures restent essentielles, car elles permettent de sauver des vies, notamment lorsque les patients arrivent suffisamment tôt dans les centres de traitement. Elles ne suffisent toutefois pas encore à faire baisser la courbe épidémique.

Il y a également le problème de la résistance au sein des communautés. Une riposte peut disposer de médicaments, de centres de traitement, d’équipes médicales et désormais de vaccins, mais elle aura toujours du mal à progresser si les populations ne font pas confiance aux équipes déployées sur le terrain. Le combat doit donc être mené sur plusieurs fronts. Il faut retrouver les contacts, prendre rapidement en charge les malades, protéger les soignants, mais aussi convaincre les populations de collaborer avec les équipes de santé.

L’arrivée des vaccins ne signifie donc pas que l’épidémie est désormais sous contrôle. Il s’agit plutôt d’une nouvelle possibilité dans un combat qui devient de plus en plus difficile. L’espoir renaît, mais il faudra encore beaucoup d’efforts pour qu’il se transforme en réalité. Les premières doses reçues à Kinshasa ne vont pas arrêter Ebola du jour au lendemain. Elles peuvent cependant permettre de gagner du temps, de protéger certaines personnes et surtout de déterminer si ce vaccin peut jouer un rôle contre le virus Bundibugyo. Dans une épidémie qui a déjà fait autant de victimes en si peu de temps, cette possibilité doit donc être saisie. Le défi, désormais, est de faire en sorte que la riposte avance plus vite que le virus, et non l’inverse, comme c’est encore le cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.