Félix Tshisekedi rassure : les Américains investiront dans les routes, les entreprises et la défense nationale

En marge de la 13ᵉ conférence des gouverneurs dans le Kwilu, le président Félix Tshisekedi a détaillé son partenariat stratégique avec les États-Unis, visant à moderniser l’armée congolaise, attirer des investissements étrangers, construire des infrastructures et créer des emplois pour les jeunes. Tout en soulignant les retombées positives attendues pour le pays, il a appelé à tourner la page des crises passées et à renforcer la souveraineté nationale.

Par Gédéon ATIBU

Au cours de ces échanges le week-end dernier, le chef de l’État est revenu sur le partenariat stratégique engagé entre la RDC et les États-Unis autour des minerais congolais. Cet accord prévoit que les Américains accèdent à certaines ressources stratégiques congolaises, en échange notamment d’un appui pour ramener la paix dans l’Est du pays, surtout pour ce qui est de la crise liée au M23.

Selon le président congolais, ce partenariat sera profitable pour la RDC, car ne se limitant pas seulement à l’exploitation des minerais par les Etats. A l’en croire, il devrait permettre d’importants investissements importants dans le pays : des entreprises américaines pourraient alors s’installer au Congo, créer des emplois pour les jeunes et participer à la construction des infrastructures de base comme les routes et les industries.

Devant les chefs coutumiers, Félix Tshisekedi a donc tenu à rassurer sur les retombées positives attendues de cet accord. Il a insisté sur le fait que ce partenariat va transformer le quotidien des Congolais et offrir des opportunités aux jeunes. Plus particulièrement, il va aider à reconstruire l’armée congolaise longtemps accusée pour ses failles.

D’ailleurs, à ce sujet, Félix Tshisekedi a rapporté que la guerre était désormais terminée grâce aux Américains.

« Les Américains vont nous aider à construire une armée pour protéger notre pays. Ils viendront avec leur argent, ils vont investir au Congo. Ils construiront les routes, les entreprises, les œuvres seront visibles et nos enfants vont se retrouver. Les ennemis voulaient nous maintenir dans la guerre, dans la souffrance, ils voulaient tout, mais tout cela est maintenant terminé », a-t-il dit, affichant ainsi son attente de voir les États-Unis jouer un rôle dans la modernisation et le renforcement de l’armée congolaise, afin de permettre au pays de mieux défendre son territoire face aux menaces internes et externes.

Profitant de la même tribune, Félix Tshisekedi n’a pas manqué de s’attaquer à son prédécesseur, Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir contribué à fragiliser le pays. Il l’a notamment accusé d’avoir facilité l’influence étrangère en RDC, en se servant de marchepied pour le Rwanda

« Ceux que nous croyions être les dirigeants du Congo étaient en réalité des étrangers au service d’autres étrangers pour tuer des Congolais (…) leur maître est ce Rwandais-là (Paul Kagame), qui s’agite et devient bavard comme un fou », a-t-il clairement déclaré.

Toutefois, malgré ces annonces rassurantes du dirigeant congolais, la situation sur le terrain reste encore incertaine. Près de 9 mois après la signature d’un accord de paix à Washington, et plus de 3 mois après celui sur les minerais, les effets concrets tardent à se faire sentir dans les zones touchées par la guerre.

Même si, finalement, aujourd’hui, quelques signes, notamment le retrait progressif du M23 de certains villages ou encore l’annonce d’une opération de traque des FDLR par les FARDC, la crise demeure entière. Une situation qui montre que, malgré les espoirs suscités par ces accords, le chemin vers une paix durable reste encore long à parcourir.

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